Première rétrospective Baselitz au Centre Pompidou

Le Centre Pompidou consacre jusqu’au 07 mars 2022 une importante exposition au peintre allemand Georg Baselitz « connu pour ses peintures néo-expressionnistes aux coups de pinceaux particuliers et souvent peintes à l’envers… Son style, qui comprend la sculpture et la gravure, explore ce que signifie être artiste allemand dans l’après-guerre et se caractérise par des couleurs audacieuses,.. Ses sujets provocants qui abordent l’histoire politique de son pays et son franc-parler font de lui une personnalité du monde de l’art. » De son vrai nom Hans-Georg Kern le peintre est né en 1938 à Deutschbaselitz en Saxe, d’où il titre son nom d’artiste. Formé à l’École des Beaux-Arts de Charlottenburg, il vit et travaille à Salzbourg en Autriche.

La rétrospective de Beaubourg est la première aussi exhaustive de l’artiste puisqu’elle couvre 60 années de production. l’intérêt est qu’il s’agit d’un parcours chronologique qui met en exergue ses périodes les plus riches et les plus marquantes. Baselitz que les critiques qualifie d’inclassable dit à propos de son art « peindre des images qui n’ont pas encore existé »… Son œuvre puissante révèle son interrogation concernant les possibilités de la représentation de ses souvenirs, des variations des techniques et motifs traditionnels en peinture, des formes esthétiques établies au fil de l’histoire de l’art, ainsi que des formalismes dictés et véhiculés au sein des différents régimes politiques et esthétiques des 20e et 21e siècles, démontrant la complexité d’être artiste peintre dans l’Allemagne d’après-guerre« .

Influencé par Jackson Pollock, considéré comme le précurseur du néo-expressionniste militant en faveur d’un “retour à la peinture” (*). Baselitz connu pour son franc parler est un peintre à scandale (**). Sa technique est caractéristique, il « divise ses toiles en bandes,… sa signature » et peint ses personnages renversés de bas en haut.  Il affiche sa volonté de « résister à la prégnance de l’école de Paris et de la peinture américaine. » En tant que sculpteur l’artiste définit cette activité de la manière suivante : « Je pense que la sculpture est un chemin plus direct que la peinture pour arriver au même résultat parce que la sculpture est plus primitive, plus brutale et moins réservée comme la peinture l’est parfois. » Une exposition des sculptures de Baselitz s’est tenue au Musée d’Art Moderne de Paris fin 2011-début 2012, musée auquel l’artiste a fait don de plusieurs œuvres. 

« Ces dernières années, les corps représentés par Georg Baselitz sont à l’antithèse des silhouettes lisses et toniques associées à la jeunesse. Il peint des rides, une peau tombante, des os saillants, des traits anguleux et des cheveux blancs.« 

 

Visite tous les jours et fêtes sauf mardi jeudi de 11h00 à 21h00, jeudi fêtes de 1100 à 23h00

NB:  La peinture de Baselitz illustrant cet article est intitulé  » Wir besuchen den Rhein I, 1996″ (Nous visitons le Rhin) 

(*) En collaboration avec le peintre Eugen Schönebeck, il rédige deux manifestes : Pandemonium (1962) et The Great Friends is a good picture! (1966).

(**) Lors de sa première exposition personnelle en 1963, il crée une esclandre pour atteinte à l’ordre public et deux de ses œuvres les plus osées à l’époque, Die große Nacht im Eimer (La grande nuit dans le seau) et Der nackte Mann (L’Homme nu) sont saisies par un huissier. Un long procès s’ensuit. Il aboutira à la restitution de ses œuvres au peintre et à une notoriété nouvelle »

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