Faut-il se réjouir des records de fréquentation atteints en matière de tourisme ?

Le record qui s’annonce, la France devrait accueillir 90 millions de touristes en 2018, donne déjà le vertige alors que l’objectif fixé par le ministère des affaires étrangères pour 2020 est de 100 millions de visiteurs !

Bien entendu, ces touristes sont une manne pour le secteur, 57 milliards d’€ de recettes affichées et 14,2 milliards d’€ d’investissements avec des créations d’emplois à la clé. Le fameux creux de 2015 se trouve donc effacé.

Si la France souffre cependant d’une baisse de la durée moyenne des séjours, les investissements (construction, aménagement et rénovations de restaurants, de campings, de palaces, d’hôtels et d’équipements dont les parcs de loisirs, les palais des congrès …) se concentrent sur la région parisienne et les métropoles.  Le reste du pays est délaissé faute, dit-on, de liaisons directes aériennes ou autres entre les villes importantes. Autre phénomène, la saturation des sites les plus visités comme par exemple la Tour Eiffel.

Personne, qu’il s’agisse de journalistes, de professionnels et d’élus en charge des questions du tourisme, personne ne mentionne, au regard de ces résultats, l’envers du décor que sont les dommages subis par les habitants dans leur vie quotidienne, le fléau des locations touristiques et les nombreux désordres dont nous faisons régulièrement état. Il n’est pas fait mention, sinon très peu, de la saturation qui frappe le centre de Paris. Nos rues encombrées où il est fréquent de devoir avancer avec la lenteur de l’escargot, de se faire bousculer, de jouer au gym cana entre les terrasses qui débordent de leur périmètre et les véhicules en tous genres qui empruntent les trottoirs sans vergogne. Peu de remèdes sont proposés par les décideurs si ce n’est « un tourisme haut de gamme permettant un développement durable » voire « le cyclotourisme » !

Le Secrétaire d’Etat au tourisme n’a-t-il pas déclaré récemment dans un grand quotidien « qu’en France, à l’exception peut-être de quelques rares sites sur des périodes de l’année très spécifiques, nous ne sommes pas encore au stade d’une surfréquentation. Notre rôle est de prévenir plutôt que de guérir. »

Nous invitons ce dernier à fréquenter quelques heures certains lieux de nos arrondissements lors des pointes touristiques, son avis risque fort de changer.

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