Le élections remettent sur le devant de la scène la question du logement

Tout est une question de zéros résumait dans un de ses sketchs un humoriste célèbre. 20 milliards d’€ est le montant avancé  par la candidate Anne Hidalgo  pour offrir des « locations à prix abordable » aux classes moyennes. N’est-ce pas implicitement reconnaître que l’équipe municipale en place a failli sur ce sujet ?

Le principe, tel une baguette magique serait de créer une société immobilière publique-privée, à l’image des « partenariats public-privé » (les fameux PPP) dorénavant tant décriés car trop coûteux pourtant encouragés dans un passé récent par les pouvoirs publics. La société immobilière en question serait à sa création de « 6 Mds€  (1 Md € de la Ville de Paris, 2 Mds  € d’investisseurs publics, 3 Mds € du secteur privé) qui permettrait de « racheter » des immeubles y compris de bureaux afin de pratiquer des locations à des prix 20 % en dessous de ceux du marché. »

La première édile de Paris n’a pas hésité à affirmer qu’elle souhaitait ainsi « reconquérir sur la prochaine mandature environ 30 000 logements » notamment dans  » les arrondissements centraux où nous avons perdu beaucoup de logements du fait d’Airbnb…« , c’est-à-dire aussi là où  » il y a beaucoup de logement social, il nous faut rééquilibrer et remettre des classes moyennes« 

Nous assistons en analysant toutes ces déclarations à une espèce de course à l’échalote, à une surenchère, à un effet d’annonce auxquels les Parisiens et en particulier ceux du centre de la capitale ne sont pas dupes. Comment trouver en si peu d’années autant de logements à aménager après tous ceux qui ont déjà été transformés en logements sociaux  et qui ont contribué à diminuer davantage encore l’offre et donc à augmenter les prix ? Faudra t-il expulser des propriétaires ?  Le projet de referendum par arrondissement proposé par la Maire de Paris en cas de réélection pour limiter les durées maximum de  location Airbnb n’a pas de sens alors que dès le début de l’extension des locations saisonnières la mairie aurait dû agir avec vigueur pour limiter les effets ravageurs de cette multinationale, au lieu d’encourager son implantation tentaculaire. Le projet de loi récemment proposé par un élu  pour inciter les propriétaires  à louer leur bien ou le texte qui permet de dissocier le foncier du bâti récemment voté seront de simples pis-aller… Quant au blocage des loyers il n’a pas pu enrayer la spéculation immobilière.

Après plusieurs années d’une politique du logement tout social  théorisée pour développer la mixité social, le résultat est loin d’avoir produits les effets attendus, Bien au contraire, il a même implicitement chassé de Paris les classes moyennes que les candidats, y compris sortants, s’attachent avec force à vouloir conquérir ou reconquérir à coups de milliards d’€. Quant à la mixité sociale, elle reste un vœu pieux  reste un vœu pieux, un idéal inatteignable qui n’a plus sens  dans la société actuelle.

Une telle décision sur le logement à Paris a été prise sans tenir compte, après analyses et travaux en profondeur, de son impact à moyen et long termes ainsi que des particularités et spécificités propres à la capitale.  Au final ce sont les Parisiens y compris les générations futures qui  doivent supporter le coût de ce choix qui à l’usage ne nous paraît pas judicieux, bien au contraire .

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