Les bouquinistes vont-ils disparaître ?

Lourdement pénalisés par l’action des Gilets jaunes, l’incendie de Notre-Dame et les grèves dans les transports, les bouquinistes subissent, comme beaucoup, les conséquences de la crise sanitaire.  Leur activité a chuté de façon phénoménale et la plupart se demandent s’ils pourront tenir encore longtemps faute d »un retour suffisant de clients et des touristes. Bien entendu ils bénéficient du report des charges sociales et fiscales mais les signes avant- coureurs de difficultés sont présents comme le montre la fermeture de librairies, celle du Boulinier dans le quartier latin est emblématique,  c’est pourquoi elle a été relayée par les médias. La vente en ligne touche aussi la profession, un des rares « petits métiers » subsistant encore dont l’activité a été réglementée dés 1577.

Parmi les 277 concessionnaires nombreux sont ceux qui sont encore fermés.

Les solutions, outre le retour des clients, ne sont pas simples. La vente de souvenirs en est une,  mais elle tue l’essence même de la profession.  Malgré le soutien de nos gouvernants  et de l’Institut de France, les intéressés sont aussi sceptiques  sur l’éventualité d’une inscription rapide de cette activité parisienne au Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO,  Un sésame qui pourrait représenter une bouffée d’oxygène bien nécessaire pour faire redémarrer les ventes. Il faut auparavant passer d’abord l’étape de l’inscription à l’inventaire national des « traditions et savoir-faire des bouquinistes des quais de Paris ».

Plus audacieux,  plusieurs bouquinistes essaient une autre façon d’exercer le métier au travers des réseaux sociaux, de services complémentaires tels l’apprentissage de la reliure, ils se spécialisent par ailleurs dans le « vintage »,  le rock ou la culture pop des spécialités davantage demandées aujourd’hui.

Indiscutablement les bouquinistes avec l’effet accélérateur provoqué par la crise du Covid 19 doivent se réinventer s’ils veulent éviter de voir disparaître leurs caisses  « vert wagon » qui font le charme des quais lorsqu’elles ne sont pas taguées.

Dernier constat, la mairie de Paris qui s’est montrée si prompte, sans concertation avec les Parisiens,  à  aider les bars et les restaurants, est moins empressée de le faire pour les bouquinistes dont l’enjeu électoral et économique est en réalité bien moindre. Les bouquinistes seraient-ils laissés pour compte alors que l’avenir de la profession est en jeu?

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