Débat autour de la vente des grilles de l’Hôtel de Lauzun

La polémique enfle à nouveau sur les grilles de l’Hôtel de Lauzun. Ce magnifique bâtiment classé monument historique situé 18, quai d’Anjou sur l’Ile Saint-Louis appartient à la ville de Paris depuis 1928.  Après avoir été remplacées par un portail en bois ordinaires, 4 somptueuses grilles installées en 1910  dans cette demeure du XVIIe siècle ont été vendues aux enchères en 2018 sur la plateforme Agorastore pour la somme de 4 672 €, attirant les critiques des Parisiens attachés à la préservation de leur patrimoine.

Ces  grilles sont une nouvelle fois proposées à la vente à Drouot le 18 mai prochain sous le marteau de Maître  Lucien et l’estimation oscille entre 3 000 et 125 000€ pour chacun des lots. Compte tenu de leur pedigree, on peut supposer que les enchères vont monter.  A vrai dire, en pleine polémique suscitée par le hashtag #saccageparis, cette vente tombe trés mal, d’autant que d’autres éléments du patrimoine urbain de la capitale figurent dans le catalogue de la vente, des grilles en fonte de pourtour d’arbres, un banc de Davioud du XIXe..  A noter que la vente s’intitule « Paris mon amour » … Tout un programme.

Si les portes ne sont pas classées, bien que d’excellente facture, elles ont été enlevées à la demande de l’architecte en chef des monuments historiques afin de rester dans l’esprit XVIIe siècle de la demeure avec de nouveaux vantaux en bois.  La mairie n’était alors pas obligée de suivre cette recommandation, encore moins de les vendre. Elle pouvait tout simplement les faire déposer au musée Carnavalet.

Bien entendu nombreux sont ceux qui estiment que la ville se débarrasse du patrimoine propriété de tous les Parisiens.  Manque d’intérêt pour ce patrimoine mineur ?   Peut-être mais pourquoi rejeter ces témoins du passé qui ont construit l’identité et le charme de Paris?  Si le but final est de le remplacer par le mobilier urbain qui nous fait honte – les bacs à plantes en matière plastique,  les bancs traverses de chemin de fer et les pourtours des arbres transformés en jardins partagés trés laids et non entretenus – alors nous pouvons être indignés et souligner le manque de respect à l’égard de tous ceux qui ont fait le Paris que nous connaissions et qui disparait peu à peu.

Nous imaginons déjà les remarques que ne manquerons pas de faire les tenants de cet impitoyable changement estimant que nos propos sont d’un autre âge émanant d’individus ringardisés et en décalage avec la société. Pourtant ce décalage n’est-il pas l’apanage de ceux qui  par idéologie estiment que le changement c’est aussi gommer le passé.  Quelle erreur!

« On ne peut pas et on ne doit pas effacer le passé simplement parce qu’il ne répond pas aux exigences du présent »  (Golda Meir).

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