Des réserves s’expriment sur l’utilisation du plomb pour la réfection du toit de Notre-Dame

Les responsables du chantier de Notre-Dame sont actuellement absorbés par la sélection des réponses aux appels d’offres lancés pour les différents travaux de réfection de l’édifice.

Revient, comme une sorte de leitmotiv, le sujet du plomb dont 300 tonnes sont parties en fumée et ont fondu lors de l’incendie d’avril 2019.  3 000m2 de couverture plus la flèche en étaient recouverts. Faut-il en poser à nouveau pour la restauration alors que ders mesures de sécurité drastiques ont été prises le concernant ? En effet la plupart des intervenants sur le chantier doivent  prendre plusieurs douches par jour (on parle de 10 dans certains cas). Rappelons-nous aussi que les abords de la cathédrale avaient été fermés durant plusieurs mois en raison des risques de contamination et afin de permettre de « dépolluer » les surfaces et les espaces atteints. La décontamination se poursuit d’ailleurs encore à l’intérieur du monument de façon très méticuleuse, pierre par pierre semble -t-il!

Le ministère de la culture a décidé de remettre ce métal sur les couvertures et certains s’étonnent de ce choix,  notamment la mairie de Paris.  L’adjointe de la Maire de Paris en charge de la santé publique, de la santé environnementale et de la lutte contre les pollutions se demande bien pourquoi le Haut conseil de la santé publique n’a pas été consulté pour avis, rappelant qu’en juillet 2020 le conseil de Paris avait voté un vœu par lequel était demandé à l’Etat de renoncer à son projet d’utiliser du plomb pour la reconstruction.

Le combat contre le plomb dont on connait les effets nocifs sur la santé n’est pas nouveau.  Ecologistes, associations et préfecture d’Ile de France font part de leur préoccupation à ce titre. Il s’agit d’un problème sensible, une réunion a eu lieu à l’hôtel de ville le 25 janvier dernier à l’initiative de la mairie. Chacun a pu développer ses arguments contre ou pour, plus spécialement le directeur de l’établissement public en charge de l’ensemble du chantier qui est favorable à ce nouveau toit en plomb. Il a rappelé que le toit de la cathédrale de Rouen, originellement en cuivre, avait été refait en plomb lui redonnant son aspect médiéval,  les dômes du Panthéon et des Invalides sont eux aussi couverts de plomb. Utiliser le cuivre en lieu et place du plomb donnerait au toit de Notre-Dame aurait l’inconvénient de lui donner une allure verdâtre  (c’est le cas de la cathédrale de Strasbourg). Une couleur qui trancherait fortement avec le gris les toits en zinc  si caractéristiques de la capitale.  Les qualités intrinsèques du plomb sont connues. Il est  plus facile à travailler, il se corrode peu et est plus lourd.  Ces caractéristiques plaident donc pour son utilisation en lieu et place du cuivre moins contestable au plan sanitaire.

C’est sur les eaux de ruissellement qui se chargent en plomb après passage sur les toits que les discussions achoppent. Une étude a été confiée au laboratoire de l’Ecole de Ponts Paris-Tech. Selon ses conclusions il faudra décider d’installer ou non une station d’épuration permettant d’éviter que le métal se mêle à l’eau de pluie (estimé à 20 kg par an ) et descende dans le sous-sol parisien.

Petite précision concernant le calendrier des travaux,  l’installation de la nouvelle charpente devrait démarrer à l’automne prochain.

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