Smovengo dans le viseur du Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole

Les relations entre le  syndicat intercommunal  SAVM (Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole) qui regroupe 60 communes et Smovengo,  l’opérateur du service Vélib’, ne sont pas bonnes actuellement. Le SAVM menace en effet le prestataire d’une pénalité de 9,7 millions d’€.

Rappelons-nous, le groupe JCDecaux avait été éliminé au profit de Smovengo en 2017 et depuis lors, surtout les toutes premières années, les incidents, les retards et les arrêts se sont multipliés.  Après ces péripéties, le service est toujours insuffisant par le syndicat intercommunal qui reproche l’existence de trop de stations de bicyclettes vides aux heures de pointe, un taux de vélos hors d’usages trop élevé . En résumé depuis la reprise de Vélib’ par Smovengo,  la qualité de service n’aurait jamais été au rendez-vous. Aussi le SAVM a t-il décidé de lancer prochainement un audit  sur la gestion de vélib’.

Cette décision est lourde de conséquences car en fonction  des conclusions du rapport, la résiliation du contrat pourrait être engagée. Il semblerait même que la reprise de Vélib’ en délégation de service ou en régie soit envisagée. C’est dire combien la tension est forte entre les protagonistes mais aussi combien les remontées d’insatisfaction des usagers sont nombreuses d’autant que le service est payant. Le président de la SAVM  qualifie de « chaotique »  le fonctionnement de Vélib’ avec Smovengo en contradiction avec le niveau attendu pour un tel service public qu’il  classe comme étant « le 1er service public de vélos partagés en stations du monde. ».

Le Canard Enchaîné nous apprend qu’à peine  20 % des vélos seraient conformes (contre 95 % attendus), nous savons toutefois que nombre de bicyclettes sont volées et saccagées. Par ailleurs moins de 50% des stations compteraient au moins un vélo (contre 98% minimum demandés).  Ces écarts entre les attentes du contrat et la réalité sur le terrain,  si elles sont  exactes,  sont effectivement significatives et justifieraient la pénalité citée plus haut.  Smovengo alertée par ce montant qui risque de lui être réclamé réplique en soulignant que Vélib’ compte 360 000 abonnés et que le nombre de courses n’a jamais été aussi élevé (pointes à 90 000 courses ).  Mais surtout le prestataire ne cache pas qu’il est incapable de supporter une telle pénalité et que le dépôt de bilan ne pourra pas être évité. Cela malgré la révision annuelle de 4 million d’€ supplémentaires apportés en 2021 à la rémunération du service en raison de l’arrivée de 2 500 bicyclettes électriques complémentaires. La situation n’est donc pas évidente et les joutes ne sont pas terminées.

On ne peut s’empêcher néanmoins, en examinant cette affaire, de s’interroger sur le choix qui en 2017 a pu conduire à  abandonner un grand groupe comme JCDecaux qui avait fait se preuve durant 10 ans avec Vélib’ 1 .  Abandon au profit d’un consortium mené par une start-up dont le chiffre d’affaires avoisinait 9 millions d’€ et disposait de 38 collaborateurs. Rappelons que le marché proposé par la SAVM était à ce moment là de 700 millions d’€ ? Le « hic » est que ce sont les usagers et les contribuables franciliens qui  font les frais de ce choix malheureux.  Encore un dossier insuffisamment travaillé à l’origine qui revient en boomerang quelques années plus tard.  Ce n’est pas  normal.

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