Deux immeubles art déco de la rue Beaubourg retrouvent leur lustre originel

Plusieurs immeubles de la rue Beaubourg, à l’instar de rénovations d’immeubles plus emblématiques de Paris Centre comme la Grande Poste du Louvre ou la Samaritaine, retrouvent  leur chic, sinon leur splendeur passée que le temps avait fortement entachées voire gommées.

Il en est ainsi de l’imposant édifice 43 rue Beaubourg. Les échafaudages présents depuis des mois pour effectuer son ravalement sont en partie démontés et révèlent sa trés belle unité art déco si caractéristique avec ses bustes en gré rose du dieu Hermès. Les frontons du dernier étage sont ornés de figures  masculines de pierre rose  en bas relief, ils couronnent habilement l’ensemble par ailleurs très harmonieux. La porte d’entrée, les balcons et les garde-fous en fer forgé sont curieusement de modèles différents selon l’étage. On  remarque aussi un nombre élevé de fenêtres, 14 par niveau soit au total 112 pour 8 étages donnant beaucoup de luminosité aux bureaux qui y sont installés. Le nom de l’architecte qui a réalisé cet édifice sans doute au début du siècle dernier n’est pas lisible mais on parvient à déchiffrer son prénom, Henri. A priori l’entrée et les deux derniers étages semblent avoir été ajoutés dans les années 20.

Un autre immeuble légèrement plus récent au 67-69 et pour lequel nous avions rédigé un article le 21 mai dernier est désormais restauré et le résultat est une réussite totale, une sorte de renaissance pour un bâtiment qui avait été bien malmené. Il retrouve son cachet d’origine tout en respectant les normes de construction actuelles. Dommage que d’énormes tags hideux figurant sur le mur de refend de l’immeuble mitoyen au n° 65 n’aient pas été effacés.

Rappelons que la rue Beaubourg et son prolongement, la rue du Renard, recèlent de beaux immeubles art déco, pour la plupart rénovés. Le 8-10 qui fait angle avec la rue de la Verrerie abrite, après des années de travaux d’ampleur, les bureaux de Technicolor qui ont succédé à ceux de la Direction de l’Administration Pénitentiaire, d’HSBC, du Crédit Commercial de France et du groupe Agache-Willot. La majestueuse marquise surplombant l’entrée et la splendide montée d’escaliers méritent le détour.

Si l’immeuble 20, rue Beaubourg, à l’angle de la rue Rambuteau reste assez simple et sobre d’aspect, comme le sont les impostes, le portail en fer forgé remis en ordre après un incendie, ne manque pas d’intérêt avec ses pilastres stylisés en pierre surmontés de décors floraux typiquement art déco. La construction, œuvre de l’architecte Jérôme Bellat date de 1925. On reconnaît la « patte » de cet architecte lorsque l’on compare les décors avec ceux de l’immeuble qu’il a réalisé 97 rue de Rome. Un square du XVIIe arrondissement porte le nom de ce illustre bâtisseur en souvenir du lotissement en forme de trapèze qu’il a conçu prés de la Porte Champerret.

N’oublions pas l’immense vaisseau aux 70 à 80 de la rue Beaubourg qui était occupé par l’Hôtel Imperator. Cet  l’immense « vaisseau » fut transformé durant le seconde guerre mondiale en cantine par l’occupant allemand, il a été construit en 1926 et se trouve être, par sa ligne épurée, le plus caractéristique en matière de sobriété. Il a été divisé en appartements.  A cet endroit eu lieu un attentat contre l’occupant le 14 décembre 1941 l’auteur, Maurice Feferman, se tuera quelques mois plus tard pour échapper à l’ennemi.

Que ce soit aussi bien sur les immeubles que nous venons d’évoquer que ceux au 2, au 6 ou au 82 de la rue, les éléments en façade tels que l’arrondi de l’angle de la rue, le motif panier de fruits des ferronneries, les cannelures en façade ou les bow-windows nous renseignent sur la période.

Notons  que l’immeuble 63 rue Beaubourg, propriété, via sa régie immobilière, de la mairie, ancien siège de FO, devenu aujourd’hui celui de LGBT et occupé par des logements sociaux, mériterait une sérieuse remise en ordre et une façade moins bariolée qui tranche malheureusement avec la sobriété souhaitée par son concepteur.

 

 

 

 

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