Les défis de la rénovation de l’immeuble situé aux 69-71 rue Beaubourg

La société AHRPE spécialisée dans la rénovation depuis 1993 est depuis 2018 au chevet de l’immeuble situé aux 69-71 rue Beaubourg devenue propriété de la SCPI (Société Civile de Placement immobilier) Fructipierre dont le principal actionnaire est le groupe bancaire BPCE (Banque Populaire-Caisse d’Epargne). Cet édifice était abandonné, squatté depuis des années et dans un état déplorable, une véritable verrue au sein d’un axe de circulation pourtant trés passant à quelques mètres du centre Pompidou et du quartier du Marais. La livraison prévue pour l’été 2019 a été retardée en raison de la complexité de la restauration consistant à redonner au bâtiment non seulement son lustre mais aussi à aménager les sous-sols et ses 7 étages en plateaux de bureaux avec les équipements les plus actuels.

Construit en 1909-1910, ce très bel immeuble de 2119 m2 de surface utile présente une façade faite de rares briques alvéolaires dont la peinture qui avait été mise au cours du temps a été effacée afin de les remettre dans leurs couleurs originelles ocre, jaune et marron. Elle avait été conçue par l’architecte des Arts Nouveaux Paul Aucher en lien avec le bureau d’études NBIC qui a « conceptualisé le poteau-poutre en béton. »

Redonner son cachet d’origine à cette construction (les escaliers d’entrée extérieurs couverts d’un dais disgracieux ont disparu) a été un défi notamment du côté de façade dont les briques étaient devenues poreuses avec le temps et qu’il a fallu rendre à nouveau hydrofuges. Il a été nécessaire aussi de se conformer à la loi Montchamp sur l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite (PMR) notamment l’installation d’ascenseurs qui a entraîné la démolition de 70% de l’intérieur du bâtiment afin de corriger le fait que l’entresol était à 1,20 m du trottoir. Les fondations ont été renforcées  à cette occasion.

Bien entendu comme l’y oblige désormais la règlementation l’immeuble devrait être certifié HDQ (Haute Qualité Environnementale) et recevoir le label Rénovation Responsable  (suivi des déchets, choix des matériaux, vitrage, respect des chartes acoustiques …).

Une autre nouveauté dans l’utilisation de cet édifice a été de rendre accessible au 7ème étage la terrasse. Ainsi des lames de bois ont été posées, une végétalisation a été prévue sans oublier l’isolation thermique. Et pour parfaire le tout, la centrale de traitement de l’air, la  climatisation et le chauffage ont été installés dans les sous-sols afin de ne pas altérer la vue étonnante sur Paris à partir de cet endroit.

Une cour dite « anglaise » au rez-de-chaussée est restée la propriété de la ville de Paris.

A priori cette rénovation (voir la galerie photos) est réussie et redonne une jeunesse à cette partie de la rue qui contribue aussi à améliorer son environnement (excepté les sinistres tags [*}qui maculent depuis des années le mur de l’immeuble contigu). Les locaux devraient être livrés pour la rentrée prochaine. Reste à connaître qui seront les prochains occupants la crise actuelle ne facilitant pas les choses d’autant que l’offre de bureaux à Paris et en Ile de France en général est devenue très excédentaire avec la fin de nombreux programmes démarrés avant la crise, les réticences des entreprises et le développement du télétravail.

[*} Malgré les annonces ici et là louant la réactivité des services de la ville alertés par l’application « dansmarue », nous persistons à dire que cela ne marche toujours pas, il faut relancer et relancer pour être entendu et faire enlever tags, graffitis et affiches sauvages !

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