Esthétique de Paris, revirement à 360° de la mairie

Le hashtag #SaccageParis n’en finit plus de faire revenir l’équipe municipale à la raison. La cerise sur le gâteau fut le banc de Davioud acheté par des passionnés de Paris à Drouot et offert à la ville, sans oublier l’affaire des portes de l’Hôtel de Lauzun. Ces épisodes cruels pour nos édiles, auront poussé violemment la mairie a stoppé ses reniements du passé en matière d’aménagement et de mobilier. Ouf§ Nous n’y croyions plus et restons sceptiques quant à ce coup de braquet donné sous la pression et non véritablement suite à la « consultation »’ menée auprès des Parisiens sur l’esthétique.
Nous découvrons dans les propos du Premier adjoint qui s’exprimait à ce sujet à l’Arsenal, tout un symbole,  ce 5 juillet, un virement à 360 degrés, puisqu’il s’affirme que la protection du mobilier historique devient désormais « une priorité absolue de la ville« . Que cela est bon à attendre et qu’il est dommage que nos élus aient pris conscience du problème si tardivement sans tenir aucun compte de tous ceux, y compris notre association, qui dénonçaient le parti pris, voire l’idéologie consistant à gommer un passé marqué par son côté trop bourgeois! Et malheur à qui osait critiquer! Nous voyons aujourd’hui que les temps changent et que nos édiles sortent d’un certain mépris à l’égard de ceux, accessoirement des contribuables, qui les ont élus (avec nous ne le soulignerons pas assez, un niveau d’abstention jamais atteint auparavant). La mairie ferait bien aussi  d’écouter les doléances des Parisiens de plus en plus nombreux qui n’en peuvent plus des nuisances dues à la multiplication des bars et des terrasses et l’anarchie qui en découle, y compris esthétique. L’indifférence manifestée à l’égard des habitants et de leurs représentants ne peut plus durer. Ce revirement sur le mobilier parisien et certains aménagements pourtant critiqués en est la preuve flagrante… Néanmoins la manifestation qui s’est tenue ce 6 juillet devant l’Hôtel de ville montre que l’exaspération des habitants n’est pas redescendue. 
Dans le détail qu’a annoncé Emmanuel Grégoire et qui est d’application immédiate en attendant la publication en fin d’année d’un « Manifeste pour une nouvelle esthétique parisienne » ?
Tout d’abord le retrait de certains sièges affreux et saccagés, le détail n’a pas été donné mais les sièges dits « champignon » passent à la trappe. Il en sera de même pour une partie des traverses de chemin de fer grossières et moches, sauf celles pouvant dissuader les attaques à la voiture bélier resteront hélas, n’y a t’il pas d’autres solutions plus en accord avec Paris ?  Un plan de sauvegarde du mobilier historique  va être lancé (recensement, mise en peinture de la couleur d’origine, enlèvement des tags et stickers… etc. ) Autre innovation majeure, les pieds d’arbres seront gérés par la ville pour une « meilleure harmonisation« . Le plus simple aurait été de remettre les grilles d’origine, espérons que les petites horreurs vont rapidement disparaitre d’autant et c’est affligeant que l’édile admette dans son propos « les reproches qui nous ont été faits , nous les partagions nous-mêmes« ! Enfin 2 000 panneaux inutiles seront supprimés. Ajoutons qu’il faudra aussi enlever les tags et les stickers qui en recouvrent la plupart et remettre d’aplomb tous ceux qui sont de guingois. Il y a du travail en l’espèce.
Quant aux 50 km de pistes cyclables, elles seront maintenues, mais les bornes jaunes et autres plots en béton seront changés par des limites plus esthétiques (la rue de Rivoli et l’avenue de l’Opéra très enlaidies seraient les premières à en bénéficier),  y compris lorsque seront créées de nouvelles pistes. Les bacs floraux seront remplacés au profit de plantations directement au sol. Il est question aussi de mettre l’accent sur l’entretien du mobilier électrique. Rien n’a été annoncé pour les kiosques à journaux dont une bonne partie a disparu au profit d’un mobilier bien banal ? En conclusion, il a été rappelé que tous les moyens seraient mis en place avec la nouvelle police municipale déployée dans les prochains mois contre les tags et l’affichage sauvage. Dont acte.
Voilà des nouvelles intéressantes et presque rassurantes, encore faudra-t-il constater la réelle mise en œuvre de ces mesures que nous souhaitons voir combinées au renforcement de la propreté.  Nous resterons bien entendu trés vigilants en particulier sur le manifeste de l’esthétique parisienne annoncé ?

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