Et si la limitation de vitesse à 30 km/h était néfaste pour les transports en commun ? »

Dans son édition du 21 juillet, le Journal suisse « Le Temps » vient de consacrer un article très intéressant consacré au casse-tête pour les transports publics de la mise en place d’une vitesse limitée à  30 km/h dans les rues de Zurich. Rappelant qu’il est logique de vouloir protéger les habitants du bruit et s’améliorer la sécurité, il n’en demeure pas moins que l’Union des transporteurs utilise le terme de casse-tête pour caractériser les difficultés que rencontrent les transports en commun pour rester performants. Elle préconise de rester à 50km/h, sans exclure l’utilisation ponctuelle des 30km/h, et insiste sur le fait que rouler à une vitesse aussi limitée «s’avère très souvent plus cher pour les entreprises de transports publics: pour la même cadence, elles doivent engager davantage de véhicules» et allonge le temps de transport.
Certes Zurich n’est pas Paris mais pour la première fois des professionnels des transports publics osent mettre en lumière les effets pervers d’une limitation de vitesse par trop drastique.  Aussi la municipalité zurichoise a-t-elle pris des mesures compensatoires pour les transports publics. Elle a tenu compte des avis formulés et des suggestions en limitant, dans un premier temps, la vitesse plutôt aux voies pas ou peu utilisés par les transports publics. Elle étudiera ensuite une implantation progressive sur les rues davantage concernées.
En  fait, la méthode du diktat sans concertation est un écueil dans lequel la ville suisse ne souhaite surtout pas tomber. Des mesures d’accompagnement compensatoires sont envisagées (arrêts sécurisés, meilleure signalisation lumineuse, révision de l’organisation des priorités… l’augmentation des cadences) mais elles entraîneront des coûts supplémentaires. Parmi les remarques complémentaires formulées, il ressort que  30 km/h n’est pas la « panacée  pour les villes » comme on veut bien le faire croire. En fait « il s’agit d’une mauvaise approche car les villes ont besoin de tous les modes de transport ». Or « …il faut que l’accès  aux villes soit possible ». Pour nos amis suisses c’est le type même de « la fausse bonne idée » car elle génère « des inconvénients quant à la hiérarchisation du réseau routier et la fluidité du trafic  pour les transports en commun ». Il appartiendra in fine au parlement helvétique de trancher!
Restons modestes et ne raillons pas trop rapidement nos amis suisses. Les remarques qu’ils émettent ne sont pas dénuées de fondement, espérons juste que nos édiles sauront s’en inspirer à l’avenir quand il en est encore temps.

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