Faut-il interdire l’utilisation des trottinettes électriques à Paris?

Les critiques fusent de toutes parts, nos adhérents nous alertent, les journaux sont truffés chaque jour de titres illustrant le « ras le bol » général des Parisiens à l’encontre des trottinettes électriques (« Haro sur les trottinettes électriques ! Trottinettes électriques : attention danger ! Trottinettes électriques : pourquoi les détestent-ils autant ? Trottinettes électriques : accidents et procédures se multiplient » …).

Chaque jour des accidents sont constatés et leur nombre va grandissant. Une pianiste se retrouve avec un bras fracturé qui risque de l’empêcher définitivement d’exercer son métier, d’autres victimes sont en arrêt maladie pour au moins un an, tant ils sont abîmés… pendant ce temps l’anarchie continue à régner en maître sur les trottoirs. Quant à la Maire de Paris, dépassée, elle risque d’être mise en cause par de accidentés des trottinettes qui souhaitent engager des procédures judiciaires à son encontre. Aussi tente-t-elle après bien des atermoiements et des « mesurettes » inefficaces qui ne sont pas à la hauteur de l’enjeu (la capitale où circulent déjà 20 000 trottinettes n’a pas encore reçu les 40 000 annoncées… !), de reprendre la main en attendant les règles que la loi mobilités (toujours en discussion au parlement avec 140 articles et 3 500 amendements !) pourrait imposer.

Pourquoi et nous l’avons déjà suggéré, ne pas avoir décidé d’interdire purement et simplement les trottinettes électriques à Paris, à l’instar de ce qu’ont fait plusieurs grandes villes ? La Maire de Paris se trouve devant le dilemme de vouloir encourager les déplacements dits « doux » et de répondre au fort mécontentement des Parisiens de plus en plus nombreux à ne pas comprendre pourquoi face au danger évident qu’ils encourent on laisse s’étendre un réseau de dizaines de milliers de trottinettes électriques pourvues par des entreprises à la recherche de profits juteux … ? La situation est devenue si critique, élections municipales proches obligent, qu’une conférence de presse vient d’être organisée à la hâte pour annoncer de nouvelles parades sans toutefois arrêter véritablement le phénomène. En effet, il est proposé dès juillet l’interdiction de stationner les trottinettes sur les trottoirs et de n’utiliser que les places de stationnement réservées aux voitures et autres deux roues. Le port du casque est dorénavant recommandé, rouler dans les parcs et jardins ne sera plus possible et la vitesse devra être bridée par les loueurs à 20 km/h et 8 km/h sur les zones piétonnes (difficile de brider deux vitesses différentes sur une même machine ?).  Enfin la Ville de Paris devrait à l’image de ce qui a été fait à La défense, lancer un appel d’offres pour porter à 2 ou 3 le nombre de sociétés autorisées à exploiter ces véhicules dans la capitale (contre 12 à ce jour). Il y en a douze aujourd’hui.

Ces mesures qui s’ajoutent à celles précédemment annoncées ne sont hélas pas à l’aune du tollé créé par cette infestation de trottinettes. Sauf à ce que la loi sur les mobilités se montre davantage restrictive, les problèmes vont continuer avec plus d’engins encore. On parle déjà de l’expérimentation de fauteuils roulants électriques en libre-service qui vont s’ajouter à la gamme déjà longue de machines diverses finalement dangereuses proposées à la location et pour lesquelles l’imagination est intarissable.

Nous pouvons nous attendre à un encombrement encore plus important de l’espace public dans les mois à venir au détriment des piétons et de leur sécurité.

 

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