La mairie de Paris doit bâtir des dispositifs plus puissants pour aider les commerces, entreprises et artisans touchés par la crise

Au delà des drames causés par la crise que nous traversons, les spécialistes soulignent le lourd tribut que nous devrons tous payer pour retrouver une situation normale c’est-à-dire celle avant la pandémie. Beaucoup sont et seront touchés tout autant aux plans social qu’économique.

Ce contexte ne peut laisser personne indifférent. Parmi tous les problèmes qui se posent chacun sait que des commerces, des artisans et des entreprises ne pourront pas se relever ou  risquent de  devoir fermer s’il n’est pas fait suffisamment pour les aider et empêcher qu’ils ne disparaissent et avec eux les emplois qu’il portent.

Début octobre, le Conseil de Paris a pris quelques décisions pour aider les commerces, les artisans et les entreprises frappées par la  Covid. Nous avons noté  sur le site Paris.fr où sont rappelées les aides que l’Etat propose, les mesures spécifiques de la ville, à savoir l’exonération de loyers pour certains professionnels locataires de la ville, le soutien financier aux cinémas indépendants, aux librairies et les commerces culturels au travers de subventions ainsi qu’un appel à projets qui reste vague « Relancer mon entreprise autrement« .

Si ces dispositions sont louables, elles ne sont pas à la hauteur des enjeux et de la gravité de la situation économique.  Nous allons alerter le Maire de Paris Centre, Ariel Weil, pour le sensibiliser à la nécessité pour la ville d’activer d’autres leviers. Leviers qui contribueraient à la dynamisation de certains quartiers et au rééquilibrage d’autres, en proie à la mono activité des bars restaurants et du prêt à porter, comme nous le constatons dans notre arrondissement, au détriment des commerces traditionnels et de bouche. Une  évolution sur laquelle nous nous sommes déjà exprimés sur ce blog.

Parmi le moyens dont dispose la mairie de Paris figure la SEMAEST, une société d’économie mixte (SEM) qui  est à même de racheter des locaux, les rénover pour les louer à  des conditions attractives à des commerçants présentant un dossier solide.  Il est tout à fait envisageable que cette SEM soit dotée de moyens élargis car les circonstances sont exceptionnelles.

Sur un plan voisin, des collectivités, des organismes spécifiques, des établissements financiers et des grandes entreprises ont mis à disposition des fonds d’aide et de garantie dotés de moyens à la hauteur des objectifs et des ambitions affichés. Pourquoi ne pas en créer un spécifique à Paris voire en lien avec la Région Ile de France car les besoins potentiels sont immenses ?

Des régions ont d’ailleurs dès avant cette crise passé des accords avec des établissements pour aider les entreprises en utilisant la technique du prêt à taux bonifié. Elles  prennent en fait à leur charge une partie du coût des crédits octroyés à ces dernières, ce qui n’est pas négligeable même en période taux bas.  La ville de Paris applique déjà aux particuliers ce système sous condition de ressources dans le cadre du prêt à taux zéro. Elle pourrait donc s’en inspirer et mettre au point un mécanisme identique pour les entreprises, les commerçants et les artisans sans favoriser bien entendu un secteur plutôt qu’un autre, comme cela a malheureusement été  fait de façon criante avec l’extension des terrasses à la suite du premier confinement .

Ces pistes non exhaustives ne sont que des exemples de ce que pourrait rapidement mettre en place la Ville de Paris qui participerait de cette manière au sauvetage du tissu économique de la capitale et par ricochet de la région et de tout le pays. Les bonnes volontés et les compétences ne manquent pas pour coopérer avec la ville de Paris sur ces questions.

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