La mairie ne prévoit pas de mesure pour éviter le retour du tourisme de masse

En termes  dithyrambiques, les processionnels spécialistes du tourisme et la presse louent le retour des touristes en France et à Paris en particulier. Ils se félicitent d’entendre à nouveau parler espagnol, anglais, allemand, hollandais ou italien « après disent-ils 2 années de vaches maigres« . Le week-end de Pâques,  52 000 touristes sont venus à Paris par avion faisant espérer, la  contraction des cas de Covid aidant, une forte embellie du nombre de visiteurs cet été. Certains experts tablent sur un augmentation de 1,5% des arrivées de visiteurs tant européens qu’en provenance d’Amérique du Nord. Mais ce ne sera pas un record car nous devrions nous trouver en deçà des chiffres atteints en 2019, année record pour le tourisme de masse. Car si les Européens reviennent nombreux les asiatiques quant à eux ne sont pas de retour empêtrés qu’ils sont dans la reprise de l’épidémie. Les Russes ont disparu suite au conflit avec l’Ukraine. Interrogé par une chaîne TV, François Rial, président de l’Office du tourisme et des congrès de Paris (OTCP), a indiqué que lors des fêtes pascales le taux d’occupation, des hôtels était de  82 %. La Tour Eiffel a, elle, enregistré 22 000 visiteurs par jour, pas loin de sa capacité maximale.

Les professionnels se réjouissent, toutefois en février le chiffre d’affaires estimé du tourisme en France avoisinait 2,7 milliards d’€ soit un recul de 8% comparé à 2019. En prenant en compte les touristes français, les hôteliers et autres professionnels supputent déjà, au vu des réservations pour l’été, que 2022 pourrait dépasser le nombre de nuitées enregistrées en 2019 (129 millions) dans notre pays. mais ajoutent-ils la France est de plus en plus concurrencée avec la difficulté supplémentaire de devoir trouver du personnel. 360 000 postes, essentiellement de saisonniers dans les CHR (Cafés, Hôtels, Restaurants), ne sont pas pourvus! De son côté le tourisme d’affaires reprend timidement et beaucoup de salons (200 ont été annulés en 2021) se tiennent de façon virtuelle.  

Dans ce concert de satisfactions, les analyses font apparaitre la place prépondérante des Français dans les statistiques du tourisme. Phénomène que certains médias appellent la «  renationalisation » du «  visitorat » puisqu’ils constituent actuellement le quart des visiteurs, soit deux fois plus qu’avant la pandémie.

La mairie veut profiter de cette embellie et de cette sortie de crise pour basculer vers un tourisme « plus durable et donc plus résilient, plus résistant en période de crise », c’est du moins ce que l’adjoint au tourisme et à la nuit Frédéric Hocquard a indiqué à la presse avec « moins d’arrivées en avion, plus en train, de plus longs séjours » et « mieux répartis sur le territoire » . Se fondant sur la mise en place de la zone à trafic limité, l’élu veut, dès 2024,  «  réduire la place du bus touristique dans Paris », mais aussi «  aider les hôtels à se raccorder à la climatisation centrale » ou à «  installer des parcs à vélos », ou encore «  favoriser l’implantation de l’hôtellerie dans l’est de la ville » afin de compenser les quartiers de l’ouest qualifiés de « surdotés ».

Difficile de croire que la mairie a compris que trop de tourisme tue le tourisme. Les innombrables terrasses installées dans la plupart de nos rues notamment dans le centre et les lieux les plus touristiques sont la preuve que nos édiles s’ingénient à attirer toujours plus de touristes avec toutes les nuisances qui en découlent (malpropreté, bruit, encombrement de l’espace public, alcoolisation etc…) allant d’ailleurs jusqu’à vouloir développer davantage encore le tourisme nocturne afin de « faire tourner » les terrasses ! Les habitants sont contre le « sur-tourisme » et ne souhaitent pas que Paris devienne le clone de Venise dont la population diminue de façon drastique.  

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