Diminution de la pollution automobile à Paris : un résultat à mettre au DÉBIT de la municipalité ?

 Un article du Parisien Dimanche daté du 22 mai fait le point sur la pollution automobile à Paris. La journaliste note que la pollution automobile a diminué de 34% entre 2004 et 2018 à Paris et écrit :  « La politique anti-voitures de la maire de Paris, souvent brocardée par l’opposition de droite, a donc eu des effets positifs ».
Il serait surprenant qu’une augmentation considérable des embouteillages, liée à la fermeture des voies de circulation, réduise la pollution. Dans les bouchons il n’est pas rare de consommer plus de 20 litres aux 100 km, pour des moteurs normalement peu gourmands. Aujourd’hui la plupart des voitures ne consomme guère plus de 6 litres pour 100 km.
Alors, pourquoi une diminution de la pollution alors que la politique de circulation de la Ville tend au contraire à l’augmenter ?
C’est parce que Le Parisien oublie qu’entre les années 2004 et 2018, les normes européennes pour les véhicules automobiles sont passées de l’EURO 3 à l’EURO 6 (nous sommes même aujourd’hui à l’EURO 7). Chaque classe réduit les seuils de pollution tolérés par rapport à la classe précédente. Ainsi en 2004, les émissions d’oxyde d’azote (NOx) étaient établies à 0.7g/km, et 0.08 g/km pour les particules (PM).  En 2018 ces seuils EURO 6 étaient abaissés respectivement à 0.2g/km pour les NOx et 0.005g/km pour les PM. Ce qui signifie une réduction de 71% pour les NOx, et de 93% pour les PM. Rappelons qu’en 2005 nous étions passés à la norme EURO 5 (0.5g/km pour les NOx et 0.05g/km pour les PM).
Même en considérant que le parc automobile n’ait pas été majoritairement renouvelé en 2018 depuis 2005, et que le nombre de voitures soit demeuré le même à Paris au cours de ces années, la baisse de la pollution aurait été de toute façon supérieure aux 34% dont se réjouit la mairie et Le Parisien. Mais, en 2018, les voitures n’ont pas toutes plus de 13 ans, et de plus la Ville se vante que sa politique anti-voitures a permis à la circulation de « s’évaporer » significativement.
Rendons à César ce qui est à César, la baisse de 34% de la pollution automobile à Paris est le résultat de la politique de l’Union européenne et non de la Ville. Plus important peut être est que ce résultat positif est obtenu MALGRÉ la politique de la Ville. Cette baisse aurait été plus importante sans la politique incohérente de  « pro embouteillage » de la mairie. Nous sommes loin des promesses qui ont été faites au détour des programmes électoraux, des conférences de presse, comités, annonces, colloques, réunions, parutions et articles dithyrambiques à ce sujet.
De gros progrès sont donc encore à faire sur ce plan, les projets de modification de la circulation que l’on nous promet ne vont pas vraiment dans ce sens.

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