La politique de l’arbre à Paris

La récente polémique contre l’abattage d’arbres centenaires près de la Tour Eiffel a conduit la mairie de Paris à publier un article sur son site Paris.fr sur sa politique concernant les arbres de la ville.

Il y est indiqué que Paris compte  » plus de 200 000 arbres plantés dans les rues, les espaces verts et les équipements municipaux, sans oublier les plus de 300 000 arbres dans les bois de Boulogne et Vincennes, » Il est ajouté (mais c’est à notre sens à vérifier) que notre capitale comparée à Berlin ou Londres serait l’une « des plus boisées d’Europe. Il en sera planté 170 000 de plus à l’horizon 2026, tant l’arbre est un allié face au changement climatique…« 

Cela étant dit qu’elle est véritablement la situation ?

Lorsque l’on entre à Paris par des voies qui ne passent pas par les bois de Vincennes ou de Boulogne, à première vue l’abondance d’arbres rappelée ci-dessus dans la communication de la mairie ne frappe pas l’oeil. Bien au contraire, le côté plutôt minéral de la ville domine.

Il est souligné par nos élus que « la Ville de Paris assure la surveillance du patrimoine arboré, le remplacement des arbres dépérissant et l’installation de nouvelles plantations« . Rien de plus normal, comme l’est tout autant le fait qu’un arbre « Planté à Paris en tout type de situations (rues, jardins, cimetières)…impose des précautions spécifiques à sa grande taille. » sachant que  » les conditions de vie parfois inappropriées le fragilisent. » Aussi est-il tout à fait habituel dans une agglomération ainsi que le site de la mairie le rappelle, que « le patrimoine arboré doit faire l’objet d’une surveillance permanente, de travaux d’entretien (taille, arrosage) et d’un renouvellement, près de 1,5 % des arbres devant être remplacés chaque année pour raison de sécurité.  » Cela peut se traduire par des abattages sanitaires. Tout arbre ayant une durée de vie limitée, ii peut devenir dangereux ((pathologie, défaut structurel, etc.). Le site de la mairie affiche à l’appui de son article  « une carte  phytosanitaires des abattages et  des plantations » avec le détail de tous les arbres abattus (espèce, type, lieu, date et raisons de cette décision),  à abattre et replantés (fiche descriptive associée) .

Il est ajouté à ces explications et informations qu’ « en concertation avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), et préalablement à tout abattage, le Service des Arbres et des Bois de la Ville de Paris prend soin de vérifier la présence de nids dans les arbres. En cas de découverte d’un nid avec des oisillons, ils sont prélevés et emmenés à l’école nationale vétérinaire d’Alfort qui dispose d’un service pour les recueillir.« 

La fin de cette communication porte sur « l’axe prioritaire de la mandature 2020-2026 » que constitue l’arbre. « Six années durant lesquelles la ville prévoit de planter 170 000 nouveaux arbres partout où cela est possible : dans les rues, sous forme de forêts urbaines, sur les places, le long du périphérique, dans les bois… » Et de décliner les bénéfices de l’arbre en invoquant la lutte contre la déréglementation climatique, l’amélioration de la qualité de l’air et de son rafraîchissement, mais aussi la biodiversité, la santé des habitants et la réduction du stress(?). Vient ensuite la longue liste de toutes les actions sur lesquelles s’appuie la ville (nouveaux arbres dans les rues et des forêts urbaines, dans les nouveaux espaces verts, dans les 30 ha de nouveaux parcs, dans les jardins et squares, cimetières, sur le boulevard périphérique transformé, dans les équipements municipaux, chez les propriétaires privés accompagnés pour plus d’arbres au cœur des parcelles…).

A lire cette dernière litanie, on s’interroge sur les constats que font les Parisiens, à commencer par la polémique rappelée en introduction de cet article, mais aussi sur la « bitumisation » grandissante et les constructions engagées sur des terrains à la place desquelles il aurait été préférable d’aménager des espaces verts sans devoir couper des arbres, sur la captation par les terrasses saisonnières de 3 ha de l’espace public (espaces qui ne pourront pas être eux non plus végétalisés), sur la difficulté de mettre en œuvre la normalisation de pieds des arbres si mal végétalisés et très souvent privés de leur grille de protection. Quant aux forêts urbaines, nous avons déjà émis de sérieuses réserves sur cette annonce dans un article daté du 9 juillet 2019 intitulé « Et si Paris  devenait une forêt ? »  où nous concluions « sachons raison garder afin de ne pas prendre de décisions hâtives qui changeraient irrémédiablement le visage de la capitale qui a suffisamment souffert ces dernières années d’aménagements divers contestables. »

1 commentaire

  1. CARTE: DANS QUELLES VILLES COMPTENT-ON LE PLUS D’ARBRES PAR HABITANT ?
    Emeline Gaube Le 07/04/2018 à 16:20
    Berlin est la capitale européenne avec le plus d’arbres par habitant, à égalité avec Vilnius en Lituanie, avec un arbre pour quatre Berlinois. En bout de classement, Londres avec un arbre pour 17 habitants.
    Avec le retour du soleil ce week-end, les citadins vont rechercher de la verdure. Quelles sont les villes où il fait bon se promener? Pour répondre à cette question, nous avons fouillé les recensement d’arbres d’une trentaine de grandes villes européennes, disponibles en open data. Nous en avons tiré notre propre classement, en calculant le nombre d’arbre par habitant.

    Parmi les villes qui ont mis en ligne leur inventaire arboré, Rennes arrive en tête. La ville bretonne compte 94.142 arbres pour 211.373 habitants, soit un arbre pour deux Rennais. Berlin et Vilnius (Lituanie) sont les capitales d’Europe les plus boisées, à égalité, avec quatre arbres par habitant. De son côté, la ville de Nice revendique 66.615 arbres, pour 347.636 habitants, soit un arbre pour 5,21 habitants.
    Au contraire, Londres apparaît comme la capitale la moins boisée: en moyenne, 13 Londoniens se partagent un seul arbre. Les Parisiens ne sont pas mieux lotis, avec un arbre pour 11 habitants. Tout en bas du classement échoue une ville très touristique: Valence. Loin des plages, l’intérieur de ville est tristement gris, avec 26 habitants par arbre.

    Vous pouvez voir le classement complet dans la carte ci-dessous.

    Entre 2012 et 2017, Berlin a fait appel aux dons pour planter 10.000 nouveaux arbres le long des rues. La mairie estime que 2000 euros sont nécessaires pour planter un arbre de rue et le cultiver les trois premières années.

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