L’église Notre Dame de l’Assomption et son imposante rotonde

Nombreuses sont les églises en France qui portent le nom de Notre Dame de l’Assomption. Celle qui nous occupe aujourd’hui est située 263 bis Rue Saint-Honoré dans le 1er arrondissement, elle est le plus souvent appelée l’église polonaise de Paris. Elle est accolée à la Cour des Comptes et a été attribuée à la Mission catholique polonaise de Paris en 1844 par Mgr Affre, archevêque de Paris.

On sait que cet édifice est l’église du couvent de l’Assomption bâti à partir de 1632 rue Saint-Honoré, couvent qui reprit alors l’activité de l’hôpital des Haudriettes qu’avait fondé prés de l’Hôtel de Ville, au XIIIe siècle, Étienne Haudri, écuyer du Roi, établissement devenu au fil du temps maison de retraite et d’éducation à la mode.

L’église ne fut quant à elle construite qu’ à partir de 1670 et jusqu’en 1676 qui est aussi l’année de sa consécration, sur les plans de l’architecte peintre et aussi graveur, Charles Errard (1606-1689) peintre de Louis XIV et premier directeur de l’académie de France à Rome (appelée plus communément Villa Médicis). Les plans ont d’ailleurs été envoyés de la capitale italienne par ce dernier. Certaines des toiles d’Errard qui a  côtoyé Nicolas Poussin sont exposées aux musées de Dijon, Nancy et Rennes ainsi qu’au château de Fontainebleau.

Errard a choisi un style baroque, une façade formée d’un péristyle de six colonnes de type corinthien avec au-dessus un fronton triangulaire.  Certains lui trouvent une apparence similaire à la façade nord de la Sorbonne.  La construction présente une imposante rotonde de 24 mètres de diamètre ornée de 8 paires de pilastres cannelés à chapiteaux corinthiens. Au sommet, 8 hautes fenêtres de verre blanc, avec des frises colorées,  sont séparées par des panneaux de stuc moulurés et en alternance de niches à statue. L’entablement se compose d’une première corniche basse en saillie et au second niveau d’une seconde, plus large et elle aussi en forte saillie.  La coupole peinte d’une Assomption de la Vierge par Charles de La Fosse. a fait l’objet d’une restauration en 2014. L’église a été classée en 1907.

Durant la Révolution, le couvent sert de caserne et de dépôt de matériel puis abrite dans l’église des décors de théâtre jusqu’en 1802 où Napoléon la rend au culte sous le nom de Sainte-Madeleine. Elle ne quittera ce patronyme pour l’actuel qu’en 1842 à la fin de la construction de l’église de la Madeleine dont elle devient temporairement une annexe. Les bâtiments conventuels seront ultérieurement détruits, il se trouvaient à l’emplacement actuel de la Cour des Comptes.  

Parmi le mobilier figurent à l’intérieur de l’édifice,  une toile de Van Loo « L’adoration des mages » qui portent de riches draperies, « La Naissance de la Vierge »  de Joseph-Benoît Suvée (1779),  une « ‘Adoration des Bergers » de Dingeman Van Der Hagen (1648) et « L’Annonciation » de Joseph-Marie Vien (1716-1809).

L’orgue de 19 jeux a été construit pas Aristide Cavaillé-Coll à la fin du XIXe siècle, le buffet date de la fin du XVIIIe siècle. L’instrument a subi plusieurs relevage en 1970 et en 1981. Néanmoins son état actuel est qualifié de précaire dans la mesure où il se trouve très empoussiéré à la suite de travaux de restauration de l’intérieur de l’édifice en 2013.

Notons enfin que les obsèques de Lafayette et de Talleyrand se déroulèrent en de lieu.

 

Sources

  • Guides des Eglises de Paris, Pierre Kjellberg, 1970
  • Aline Dumolin, Reconnaître Paris d’église en église, Paris, 2008 et divers 

 

 

 

 

 

 

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