Les 400 ans de Molière

Il y a 400 ans, le 15 janvier 1622 à Paris, sous le règne de Louis XIII, Molière, de son vrai nom Jean-Baptiste Poquelin, était baptisé à l’église Saint-Eustache.  Il continue, les siècles passant, à faire rire et réfléchir les spectateurs en se moquant de la société. Louis XIV s’est entiché de ses pièces devenues les incontournables des programmes des théâtres et des manuels scolaires. Nobles, médecins et hommes d’église ainsi que les institutions qu’ils représentent sont tour à tour moqués. C’est ainsi que dès sa première représentation, « Le Tartuffe » est interdit.

Molière habitait notre arrondissement. On ne connait pas sa date de naissance. En  revanche on sait qu’il est né dans une maison aujourd’hui détruite où se trouvent les immeubles des 94 et 96 rue Saint-Honoré dans l’ex 1er arrondissement. Sur sa vie personnelle, peu de choses sont connues. Il n’a pas suivi le même voie que son père, tapissier du roi. Pourquoi a-t-il choisi Molière comme nom de scène, le nom d’une « carrière de pierres à meule », nul ne le sait ? Son épouse pendant 11 ans, sur laquelle il y a peu de documents était Armande Béjart, la fille ou la sœur de Madeleine Béjart, toutes 2 d’illustres comédiennes de la troupe de Molière. Nous connaissons mieux en revanche les circonstances de la mort de ce dernier le 17 février 1673 à 51 ans, à la suite de la 4ème représentation du « Malade imaginaire » qu’il jouait alors qu’il était très malade. Les faits ont été relatés en détail. Sans doute que l’illustre personnage a succombé d’une tuberculose. Il se trouvait alors à son domicile 40, rue Richelieu (ex 1er arrondissement). A quelques mètres de l’immeuble qui a été construit à l’emplacement de sa maison a été installée au XIXème siècle une fontaine à la gloire de l’écrivain.

Certains réclament aujourd’hui la panthéonisation de Molière, il est vrai qu’il y aurait sa place. Mais aux yeux d’autres sa mort est trop lointaine désormais pour un tel transfert de sa tombe du Père Lachaise, son ultime sépulture après un premier transfert en 1817 en provenance du cimetière Saint-Joseph situé à côté de l’église Saint-Eustache ?

La France va rendre tout au long de cette année un hommage vibrant à celui qui par son immense talent a donné son nom à notre langue. Paris Centre qui abrite la Comédie Française est en première ligne. Ce 15 janvier, elle lance sa saison Molière avec une vingtaine de pièces au programme (y compris au Vieux Colombier). Pour ce qui concerne la salle Richelieu mentionnons « Tartuffe ou l’Hypocrite  » (15 au 24 janvier), « Le Misanthrope » (02 février au 22 mai), « Le Malade Imaginaire »  (21 février au  03 avril),  « On ne sera jamais Alceste » (24 mars au 05 mai), « L’ Avare » (1er avril au 24 juillet), « Les Fourberies de Scapin » (22 avril au 10 juillet) et « Le Bourgeois Gentilhomme » qui serait déjà complet (07 mai au 21 juillet). La Comédie Française a annoncé la diffusion en collaboration avec Pathé, de 4 de ses productions dans les salles de cinéma dans toute la France et à l’étranger. Enfin, toujours en lien avec le Français, les séances données en public seront ensuite reprises sur YouTube dans le cadre de « Théâtre à table « , la formule de diffusion à domicile utilisée durant le confinement.

Citons Eric Ruf l’administrateur général de la Comédie Française,  « Molière revêt mille visages et mille théâtres… Nous tenterons d’approcher par tous les détours l’iconoclaste figure tutélaire de notre théâtre.»

 

 

NB : Le portrait illustrant cet article est celui de Molière jouant le rôle de César dans « La Mort de Pompée ». il est attribué à Nicolas Mignard

 

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