Les îlots de chaleur urbains pour mieux faire face aux canicules

Il est beaucoup question de canicule au moment où nous vivons relativement tôt les jours les plus chauds de l’année. Malgré les élections, les médias en ont fait un sujet de leur une. Il est vrai que les années passant l’évolution du nombre de pics de chaleurs inquiète. Afin d’y faire face de face des études poussées sont menées depuis plusieurs années. L’une d’entre elles s’intéresse aux « îlots de chaleur urbains ». Ce sont les endroits des centres-villes où la nuit plus spécifiquement il fait plus chaud qu’en périphérie, la différence de température étant amplifiée en périodes de canicules.
En effet selon les spécialistes,  la chaleur emmagasinée dans les murs, le bitume, les pierres ne parvient pas, comme si elle était piégée, à diminuer durant la nuit. L’écart de degrés celsius peut atteindre jusqu’à 10 degrés. Les études les plus poussées de ce phénomène sont menées avec des ballons-sondes. Le CNRS en lien avec Météo France notamment est en pointe dans ce domaine. Avec les ballons il est plus simple d’effectuer des mesures puisque il sont lancés plusieurs fois par jour et sont équipés de matériels spécifiques. Ils montent jusqu’à 3 000 voire 30 000 mètres selon les modèles permettant de relever avec des instruments ad hoc la vitesse du vent, l’altitude, la pression atmosphérique, l’humidité, les tourbillons d’air chaud montant du sol…
La mesure de la couche d’air chaud révèle qu’elle est plus ou moins épaisse (jusqu’à 1 500 mètres en été et seulement 500 mètres en hiver) et contribue par combinaison chimique à la création d’ozone. A plusieurs endroits de Paris (sur des lampadaires, sur Notre-Dame par exemple) et de banlieue des appareils permettent de connaître à distance la température de cette couche d’air. Le but est de modéliser les « îlots de chaleur » par arrondissement, leur variabilité en fonction de leur  environnement. Des particuliers équipés de matériels participent aussi à ces études.
Il en ressort de fortes disparités de température d’un quartier à l’autre (fonction de l’urbanisation, des espaces verts, la proximité de la Seine ou autres points d’eau et de l’importance de la population). La modélisation à partir des donnés recueillies constitue un bon moyen d’anticiper ensuite les endroits où se trouvent les « îlots de chaleur » et de prendre des mesures pour tenter d’en amoindrir les effets (végétalisation et plantation d’arbres, utilisation de matériaux isolants dans les constructions et rénovations, arrêt de la densification, moyens d’assistance des plus fragiles renforcés…). En effet, les effets nocturnes des îlots de chaleur varient selon la géométrie du tissu urbain : « Les bâtiments peuvent en effet s’échanger de l’énergie, plus ou moins facilement selon leur degré d’organisation spatiale« . Si à Paris un plan de lutte contre les îlots a été défini dès 2017, c’est dans ce cadre qu’a été lancée la transformation des cours d’école en « oasis de fraîcheur ».
Mais il faut bien garder à l’esprit que les moyens pour réduire la chaleur dans ces îlots doivent être différenciés. Des études menées au Etats-Unis par exemple ont montré que « les ruelles étroites, ombragées et sinueuses favorisent finalement un phénomène de climatisation naturelle. »contrairement aux larges rues bien droites. Paris Centre ne peut donc pas être traité comme un quartier de grandes avenues.

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