Quid de l’enlèvement des tags géants situés très hauts sur les murs et façades ?

Avec la règle des 4 mètres de hauteur maximum permettant de faire intervenir, via une déclaration « dansmarue », les services sous-traités par la mairie de Paris afin d’enlever les tags, les affiches sauvages et autres carrelages collés et cadres de bicyclettes scellées, les copropriétés sont bien ennuyées si jamais si le saccage de leur façade se situe au-delà de cette hauteur ‘s 4 mètres.  Non seulement il est très difficile de trouver une entreprise qui accepte d’intervenir (*) au-delà de cette distance « réglementaire » mais cette différence de traitement justifiée apparemment par des questions de sécurité n’apparaît pas juste d’autant que, si les inscriptions à gommer sont sur des monuments et ou sur des immeubles appartenant à la mairie, celle-ci fait intervenir ses sous-traitants qui ne rechignent pas à procéder à l’enlèvement. Y  aurait-il  2 poids 2 mesures ? Beaucoup de ceux qui sont confrontés à ce dilemme le pensent!

De leur côté, les tagueurs de tous poils rarement pris sur le fait exécutent, souvent en prenant d’énormes risque, leurs dégradations très haut dès qu’ils le peuvent sachant qu’il sera plus difficile et plus long de les faire enlever. Ils poussent souvent le raffinement à taguer ou à recouvrir d’affiches et carrelages hideux des murs fraîchement repeints ou restaurés. Il en est ainsi malheureusement du mur de refend de l’immeuble de bureaux très joliment restauré 71 rue Beaubourg (voir photo illustrant cet article). L’emprise de cette triste pochade faite de grosses lettres est énorme.

Les équipes de la propreté de Paris qui sont parties prenantes du « Manifeste pour la beauté de Paris » ont dû, nous l’espérons, se pencher sur ce problème, l’enlèvement des tags et des affiches sauvages étant cités parmi les mesures phares qui doivent redonner à notre capitale son éclat perdu. Nous  découvrirons au moment de la  parution des 4 tomes de ce document de « référence » si cette problématique pourra être mieux traitée. Il serait anachronique dans le nouveau contexte qui fait suite à l’action de #saccageparis et d’associations d’habitants comme la nôtre de n’enlever que les tags jusqu’à 4 mètres et de laisser tous les autres nombreux sur les pieds de lampadaires, les poteaux de panneaux de signalisation ou de feux tricolores couverts de stickers, les cheminées et le haut des murs pignons trop souvent couverts d’affreux graffitis non autorisés ! Lors de ce grand ménage annoncé il serait tout aussi important d’enlever les tags commandés par la mairie (ils ne sont pas toujours réussis…) et enlaidis par l’arrivée d’autres barbouillages, les barbouillages attirant les barbouillages. (**)

Cette situation connue des services de la mairie ne peut plus rester en l’état. A suivre.

 

(*) La mairie renvoie sur des opérateurs privés (*) aux frais des copropriétaires concernés, notamment l’Entreprise Décap’Express 26 Rue du Midi, 94110 Arcueil 01 82 39 02 39 qui est très efficace

(**) A ce propos la « fresque » à 360° (réalisée en 2019 par Daniel Van Der Noon mandaté par l’ancienne municipalité du 3ème) qui recouvre piliers, murs et trottoirs de l’immeuble et gymnase situé à l’angle des rues Michel Le Comte et du Temple fait de plus en plus sale et enlaidit le lieu plus qu’il ne l’améliore. Totalement souillée, elle n’avait certainement pas sa place à cet endroit de fort passage et a coûté, dans le cadre du budget participatif, la bagatelle de 90 000€ aux contribuables parisiens ! 

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