Les incivilités sont-elles devenues une fatalité ?

 

Les incivilités empoisonnent notre quotidien et malheureusement tendent à devenir la règle. Une des définitions qui caractérise ce comportement est la suivante « L’incivilité est un ensemble de nuisances sociales variées qui ne blessent pas physiquement les personnes, mais bousculent les règles élémentaires de la vie sociale qui permettent la confiance. »

Ne pas laisser la priorité aux piétons, ne pas respecter les zones « non-fumeur », laisser des ordures, se garer sur un emplacement réservé aux personnes âgées ou handicapées mais aussi les impolitesses, les insultes, le tapage nocturne, les tags, l’affichage sauvage, les dégradations de biens, les crachats, les épanchements urinaires, les graffitis, l’affichage sauvage, les dégradations de biens publics, le manque de respect sont autant de comportements gênants qui nous insupportent.  Aucun quartier n’est à l’abri.

Il est reconnu que les incivilités « détériorent la qualité de l’espace public, peuvent contribuer peu à peu à un sentiment d’insécurité et même à une baisse de l’usage de ces espaces par le plus grand nombre ».

Mais la principale difficulté est qu’il s’agit de comportements gênants difficiles à évaluer et qui ne sont pas sanctionnés.

Les incivilités sont devenues un phénomène de société bien ancrée qui émane de la plupart des générations et touche chacun d’entre nous. L’environnement, les modes de vie, l’absence de repères, la morosité d’un quotidien routinier, le manque de perspective pour beaucoup, l’addiction à certaines substances et à l’alcool ainsi que l’égoïsme ambiant constituent les racines profondes de ce mal.

Comment agir pour endiguer la progression de ce phénomène de société ?

L’ administration doit mener une réflexion sur l’espace public (installer du mobilier urbain robuste, aménager en utilisant le moins de supports possibles pour les tags, rendre les espaces faciles à nettoyer ouverts et visibles, utiliser des végétaux grimpants pour protéger les murs, effectuer des réparations rapides et systématiques…). L’exemple de la RATP est souvent cité. Elle a engagé une lutte importante contre les tags sur ses trains (nettoyage nocturne des rames « taguées ») et recherche systématiquement les auteurs.

Bien entendu les actions de communication (rappelons-nous les campagnes publicitaires de la RATP) , d’information des jeunes, du grand public sur le respect de l’espace public qu’il est possible de surveiller (cameras, agents spécialisés…) sont très utiles. La tolérance zéro a aussi ses adeptes, elle a été expérimentée aux Etats-Unis faisant diminuer sensiblement la délinquance dans les grandes villes. Mais l’équilibre est délicat. La famille a aussi une grande importance. L’instruction civique retrouve toutes ses vertus là où elle est dispensée. Il en est de même du sport. La solution avancée ici ou là de s’appuyer sur les contrats locaux de sécurité (territoire et acteurs concernés, puis diagnostic et action à mettre en œuvre) n’est pas adaptée à Paris.

Une pente bien malaisée à remonter

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