Les œuvres de la dation Lalanne présentées au musée des Arts décoratifs méritent un détour

Le musée des Arts décoratifs continue à enrichir ses collections. Il vient de recevoir en dation (*) des œuvres réalisées par le couple Lalanne, François-Xavier et son épouse Claude décédés respectivement en 2008 et 2019 et leur consacre une exposition afin de les faire découvrir au public. Les initiés ont déjà vu certaines pièces passer en vente publiques. 

Cette exposition intitulée « Histoires naturelles Dation François-Xavier et Claude Lalanne au Musée des Arts Décoratifs  » qui se tient dans la nef du musée jusqu’au 29 mai regroupe 16 œuvres majeures et 38 dessins. L’ensemble retrace 60 années de création ((1960 à 2019) sachant que le musée fut parmi les premières institutions à accorder reconnaissance et rétrospective à ces 2 artistes dès 2010.

Le texte édité à l’occasion de cette manifestation résume le parcours et les travaux du couple Lalanne dont l’atelier était installé dans la commune d’Ury en Seine et Marne. « Sculpteurs inclassables, ne formant qu’un aux yeux du public, le couple formé par Claude et François-Xavier Lalanne est connu pour avoir fait de la nature et des animaux l’inspiration de leurs créations. De ces œuvres souvent hybrides naissent l’émotion, l’étonnement, l’amusement, une poésie nourrie de surréalisme, une vision artistique guidée par le jeu sur les mots, les formes et les matières. À cette liberté, ils jouent aussi de la hiérarchie des arts de manière pionnière, offrant des usages inédits à leur sculptures magistrales. »

Nombre d’œuvres sont aujourd’hui dans des collections particulières du monde entier et atteignent des cotes faramineuses telles qu’en attestent de récentes ventes aux enchères.

Deux œuvres attirent l’attention « La Mouche » (1966-1967) et « l’Hippopotame » (1968-1969) en résine polyester bleue, qui renferme un lavabo et une baignoire. Ce sont des réalisations  majeures quasi iconiques de François-Xavier Lalanne qui montrent ainsi son « goût du monumental et un sens certain de la poésie et de l’humour. » Dans le cadre de l’art des jardins pour lequel les Lalanne ont travaillé les célèbres moutons qui sont devenus des incontournables et que l’on peut admirés. Parmi les autres pièces, il faut noter : « le collier Bouche en or, un sautoir Ronces, un couvert en argent du service dit Iolas de Claude Lalanne mais également le Rhinocrétaire II, chef d’œuvre de François-Xavier Lalanne (voir la photo illustrant cet article du blog), ainsi qu’un banc Crocodile de Claude Lalanne. »

Entre pièces uniques et éditées, 7 œuvres de Claude Lalanne montrent combien, dans son esprit comme dans sa pratique, « le sens de l’objet se détache du pur décoratif« , à l’instar des pièces du mobilier Ginkgo (2010-2018) composé d’une table, d’une banquette et une paire de chaises qui font écho aux prospections esthétiques du XIXe siècle et de l’Art nouveau, On trouve aussi le fameux  « Homme à la tête de chou » créé en 1968 mais dans sa version en bronze de 2005, qui inspira Serge Gainsbourg à la fin des années 1960,

Quant aux dessins faisant partie de la dation de la dation, ils ont servi de croquis préparatoires pour la réalisation des pièces.

Une exposition que nous recommandons pour sa fraîcheur, ses réalisations intemporelles et une découverte pour ceux qui ne connaissent pas ou peu ces artistes étonnants.

 

107, rue de Rivoli. Du  mardi au dimanche de 11h00 à 18h00  Nocturne le jeudi jusqu’à 21h00

 

(*) La dation en paiement a été instituée en 1968 par André Malraux afin de favoriser l’enrichissement du patrimoine culturel national : « Tout héritier, donataire ou légataire peut acquitter les droits de succession par la remise d’œuvres d’art, de livres, d’objets de collection ou de documents de haute valeur artistique …On peut ainsi admirer actuellement au musée Picasso, les journaux en ont abondamment parlé la récente dation Maya Ruiz-Picasso.

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