Modification du règlement des terrasses : premiers échanges

En présence de Polski adjointe de la Maire de Paris en charge du commerce et de l’artisanat, et de Frédéric Hocquard, adjoint en charge de la vie nocturne,  s’est tenue la première réunion que nous avons annoncée sur la modification du règlement des terrasses. Avec environ 100 participants représentant outre la mairie de Paris, les associations de commerçants, d’artisans et de riverains ainsi que la DPSP (la police de la ville  Paris), la direction de l’urbanisme (DU), le cabinet en charge de conduite de la réunion a dû laisser peu de temps à ceux retenus pour s’exprimer.

Que retenir de ces échanges ?

En présentation liminaire, Olivia Polski indique que ce dossier est réouvert à la demande de la Maire de Paris car le règlement date de 2011. Les terrasses sont selon l’adjointe le symbole du paysage parisien (l’objectif est de les faire classer au patrimoine mondial de l’UNESCO). Il faut aider les bars qui souffrent de la pandémie. Il faut aussi rendre aux piétons l’espace public et la libération des places  de parking y contribue. Les Parisiens ont apprécié ce qui a été fait après la 1er confinement avec l’extension des terrasses.   La volonté de la mairie au travers de la révision du règlement des étalages et des terrasses est de faire que demain celles-ci s’intègrent harmonieusement dans l’espace public,  qu’elles soient en phase avec les attentes en matière de propreté, de sécurité, de bruit, de déplacement des personnes à mobilité réduite et dans le respect  des exigences en matière de développement durable.

On comprend vite que la volonté municipale est surtout celle de de la pérennisation des terrasses éphémères dites aussi « saisonnières » puisqu’un distinguo est fait par l’adjointe  avec les terrasses « pérennes ». Il est donc surtout proposé aux participants de statuer sur l’esthétique, l’harmonie, la durée et le contrôle des autorisations de terrasses saisonnières et du respect des horaires (heure de fermeture à 22h00 ?). En effet, en réponse à une question, la mairie a souligné qu’elle voulait substituer la simple déclaration d’une terrasse éphémère par une autorisation de terrasse saisonnière pour une application en juillet à la suite du conseil de Paris où sera examiné le règlement modifié.

Comme d’habitude la mairie, loin de la réalité ou ne voulant rien entendre au sujet des objections sur les nombreuses et importantes nuisances sonores des terrasses (comme ce fut le cas déjà cet été) a répondu que le dialogue local entre les exploitants, les riverains et la  mairie d’arrondissement (référents de nuit, les pierrots de la nuit (!) …) était la solution et aboutissait à des chartes trés souvent efficaces (NDLR : dont on sait qu’elles ne servent qu’à gagner du temps sans régler le problème).

D’ailleurs Frédéric Hocquard est convaincu « sur l’utilisation nocturne des terrasses,  Paris est parvenue à un équilibre grâce à la médiation, les terrasses de notre ville étant un facteur d’attractivité, un nouvel usage de l’espace public en comparaison de ce qui se faisait auparavant… »  Ce discours a été complété ensuite par la description d’une approche globale pour la régulation de terrasses (mairies d’arrondissement, médiateurs sur le terrain, méduses pourtant si peu nombreuses  pour mesurer le bruit …), un rappel malheureusement peu convaincant de l’existant.

Des statistiques ont ensuite été communiquées par la DU [9 852 déclarations de terrasses éphémères, 9 052 places de stationnement occupées, 80 voies piétonnisées temporairement,  6 640 contrôles effectués par la DU et 1 545 verbalisations faites par la DPSP (1er juin 2020 à avril 2021)].

Les responsables des commerçants ont montré qu’ils souhaitaient qu’il y ait plus d’ordre sur l’organisation es terrasses et que la tranquillité des riverains comptait dans l’équation…  Le problème de la concentration  des licences IV (rendue possible  par la loi Macron 2016 ) a été soulevée. L’idée d’une commission de régulation déjà expérimentée été plusieurs fois proposée. De même il faut encourager l’adhésion des  exploitants à des syndicats.  Pourquoi pas un concours des terrasses les plus harmonieuses et les plus respectueuses de leur environnement et des riverains?

Les association d’habitants notamment par la voix de Réseau Vivre Paris! ont insisté sur le fait, contrairement aux affirmations municipales, qu’il n’y avait pas une majorité de Parisiens pour demander plus de terrasses. Bien au contraire, ils ne veulent pas que Paris soit transformé en bar géant. Pérenniser les terrasses n’est pas nécessaire sauf pour pallier le manque d’activité en cas de pandémie et néanmoins au travers du système des autorisations. Il a été rappelé que la pollution sonore était en importance la 2ème cause de pollution après la pollution atmosphérique et que cela demandait en conséquence une politique forte pour l’enrayer.  Le besoin d’un guichet unique apparait essentiel aux associations de riverains pour déclarer les problèmes dus aux terrasses.  Plus de contrôles, plus de pouvoirs aux mairies d’arrondissements, plus de pieuvres pour enregistrer le bruit.  Pour beaucoup cela ressort d’une volonté politique où les riverains seraient davantage considérés et qui ne se retrouveraient pas face à un parcours du combattant lorsqu’ils se plaignent de nuisances sonores dues aux consommateurs des terrasses.

Le sous-directeur de l’état major de la DPSP a annoncé que le nombre d’agents allait passer de  3 000 à 5 000 d’ici 2024 et les effectifs de nuit (80 actuellement) seraient eux aussi renforcés.

Les discussions vont se poursuivre avec une réunion prévue ce jour avec les professionnels et le 22 avril avec les associations pour une restitution ensuite des travaux. Il n’empêche que nous avons le sentiment que les jeux sont faits, la mairie ayant travaillé le dossier trés en amont malgré les dénégations d’Olivia Polski. Les délais proposés ont été jugés irréalistes par nombre de participants  qui y voient surtout le moyen de pérenniser les terrasses éphémères.

A suivre donc mais sans grande conviction, fort de notre expérience des années passées, que les souhaits des habitants seront pris en compte.

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