Occuper l’espace souterrain, une tendance qui fait florès

Depuis quelque temps, des voix convergent sur l’idée de densifier davantage encore notre capitale en investissant les sous-sols inutilisés dont cette dernière regorgerait. Il est déjà question pour les « spécialistes » de voir dans ce champ à investir un nouveau eldorado des architectes, s’appuyant sur des expériences menées dans d’autres villes dans le monde ! Ces dernières affichant des projets de constructions souterraines.

Est-ce finalement une bonne idée  ?

La rareté des terrains à construire  et des immeubles à surélever conduisent à investir dans les sous-sols. La Maire de Paris y est favorable et avait poussé dans cette voie lors de l’édition 2017 du concours d’architecture «Réinventer Paris II».  Encore faut-il que des sites soient disponibles et inutilisés. Il existe des sous-sols qui ont été squattés pour y tenir de fêtes « clandestines « , des stations de métro et des tunnels désaffectés… La mairie a déjà annoncé vouloir aménager une vingtaine de sites à occuper sous la terre entre 2022 et 2025, parmi lesquels se trouve le parking fermé depuis de nombreuses années, rue du Grenier Saint- Lazare. Il devrait être transformé en centre de services et de stockage tourné vers les commerçants et les riverains avec une conciergerie en surface.  Dans la même veine une galerie de 40 mètres de long, consacrée aux médias numériques devrait occuper le sous-sol de la place du Palais-Royal. Une halle gourmande, une salle pour orchestre symphonique sont cités pour d’autres lieux … Si d’autres villes dans le monde réalisent des aménagements sous terre, doit-on pour autant s’engouffrer dans cette brèche à Paris  ?

Cultiver à la lumière artificielle n’est pas vraiment écologique. Installer des espaces de coworking à  50 m en sous-sol comme l’a fait l’architecte Dominique Perrault à Séoul contreviendrait en France à la législation du travail et à celle des établissements recevant du public (ERP). En cas de problème l’accès des secours est plus compliqué et la difficulté s’accroît avec la profondeur.

Les promoteurs de l’occupation du sous-sol rappellent que les hommes préhistoriques utilisaient les grottes mais il n’y habitaient pas, il s’agissait de refuges en cas de mauvais temps ou de menaces voire pour des cérémonies religieuses.  Notre société ira-t-elle jusqu’à construire des logements sous terre, ce qui serait contraire à la doctrine actuelle de la mairie de Paris qui prône le « tout vert », l’extension des espaces verts et une meilleure qualité de l’air? En revanche cette piste est à explorer pour y transférer les bars et leurs terrasses encombrantes et bruyantes qui ont envahi Paris. Les élus de Paris devraient y réfléchir sérieusement. Mais quid du bruit des fêtards avinés qui sortiront de terre ?

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