L’usage des sirènes est-il devenu abusif ?

Certains s’en souviennent, en juin 2017 le préfet de police avait adressé un courrier à ses différents services afin de recommander l’usage des avertisseurs sonores uniquement pour les situations d’urgence (article R 432-1 du code de la route). A ce moment là déjà les Parisiens se plaignaient du bruit intempestif et fréquent des sirènes hurlantes des voitures de la maréchaussée.
Trois années sont passées et le constat est toujours aussi déconcertant. La situation a d’ailleurs empiré avec le confinement, le retour des nuits calmes a rendu ces sonneries encore plus insoutenables en particulier dans les rues étroites du centre de Paris qui agissent telles des caisses de résonance. Nous sommes convaincus que les gyrophares bruyants sont très souvent actionnés sans que le contexte le nécessite et sans qu’il soit besoin de se frayer un chemin. Dans la journée c’est différent car les bouchons ne facilitent pas le passage des véhicules d’urgence et actionner les sirènes peut apparaître une solution pour pouvoir avancer.
Subir continuellement le bruit très élevé des décibels des avertisseurs deux tons est une véritable nuisance et celle-ci est devenue au fil du temps quotidienne. Des médecins avancent que ces sonneries provoquent aussi de stress. Si la circulaire du préfet citée plus haut prévoyait des contrôles (assez mal accueillis d’ailleurs) contre les abus, après les mises en garde des prédécesseurs du préfet Delpuech, les recommandations n’ont à l’évidence pas été suivies d’effet, la pandémie les faisant passer au second plan. Le préfet Lallement quant à lui traite des dossiers davantage prioritaires.
Rappelons que dans un article de juillet 2020 nous dénoncions déjà sur ce blog ce phénomène grandissant et nous insistions sur le fait que ces cris de sirènes  » de jour comme de nuit, crient aux oreilles, faisant sursauter ceux qui les entendent ou les réveillent en plein sommeil, gênant ceux qui travaillent, se reposent, les enfants, les adultes, les personnes malades. Même les animaux de compagnie souffrent, il suffit d’entendre leur râle lorsqu’ils sont « agressés » par les ondes sonores. « 

Il devient urgent au sein de la police d’adopter des règles de bon sens au travers d’une charte par exemple pour une utilisation raisonnée de la sirène 2 tons ou changer de système traumatisant pour tous ceux qui  subissent les agressions sonores. De plus dans un ville comme Paris, les sirènes de la police s’ajoutent à celles des pompiers, du SAMU voire de voitures de particuliers. Ainsi ne serait-il pas de règle de n’ utiliser que le gyrophare là où le bruit n’apporte rien?

Les policiers sont appréciés pour le travail qu’ils mènent au quotidien et la sécurité qu’ils nous assurent mais de grâce qu’ils n’apportent pas davantage de bruit au bruit en abusant de l’usage des sirènes!

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