Paris compte t-il trop de supermarchés et supérettes ?

Depuis quelques années déjà les enseignes de supermarchés et supérettes se disputent le maillage de la capitale.  A cela s’est ajoutée l’arrivée des magasins bio dont le nombre est dorénavant important, sans compter aussi les magasins indépendants. Nous avons même pu constater que des magasins ont depuis fermé ou ont permuté avec une autre enseigne. N’oublions pas non plus les commandes par internet et très récemment l’arrivée les dark stores qui livrent les commandes passées à distance et dont la mairie a demandé la dénonciation…
Bref, entre les grands marques traditionnelles nationales déjà bien installées dans la capitale, les autres souhaitant profiter du « gâteau », ainsi que les marques étrangères (notamment les « low cost » allemandes) et les nouveaux commerces des chaînes spécialisées dans le bio ou la densification des magasins de surgelés, il est bien difficile de savoir dans un tel malstrom s’il n’y a pas plutôt saturation, voire une suroffre.
Qu’en est il réellement aujourd’hui ? La course effrénée aux parts de marché aboutit à retrouver la situation qui existait au temps des succursalistes (Félix Potin en particulier) qui disposaient de centaines de magasins et couvraient abondamment tous les quartiers.
De l’avis des spécialistes,la couverture parisienne par ses magasins est devenue trop élevée. Le premier constat est la fermeture de certains d’entre eux. Il n’est pas étonnant de passer devant les mêmes enseignes très peu distantes dans la même rue ou dans des rues très proches.  Autre constat, la pratique des livraisons après commande sur internet a pris une véritable ampleur, surtout avec la Covid et le développement du télétravail, obligeant les enseignes traditionnelles à diversifier et à réviser leur offre pour ne pas perdre de part de marché.
Il est intéressant de préciser que cet engouement pour s’implanter dans les grandes villes et Paris plus spécifiquement est le résultat d’un certain désamour pour les hypermarchés en périphérie des villes. Une opération devenue trop contraignante pour les clients qui font aussi attention à leurs dépenses de carburant. Ce n’est plus l’enseigne qui contraint le client (qui doit se servir, faire la queue à la caisse, décharger son caddie et charger sa voiture…) mais le client qui contraint l’enseigne à s’adapter aux changements de son mode de consommation. D’où cette espèce de révolution feutrée dont on constate régulièrement les effets jusque dans nos quartiers.
Bien sûr, alors que l’on affirme souvent qu’une organisation nouvellement mise en place appelle déjà la suivante, il est évident qu’une stabilisation va se produire, elle est d’ailleurs déjà engagée à l’exception des « dark stores » dont l’arrivée est encore trop récente.  La montée de l’inflation, les changements post covid auront raison de cette sorte de bataille rangée des distributeurs avec à la clé, pour la satisfaction des clients, un retour sous une configuration différente des commerces de proximité dont nous étions nombreux à  condamner la disparition.

 

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