Rendre les aménagements urbains plus verts mais selon des règles simples

Dans le cadre de sa charte mise en place pour les aménageurs qui rénovent et construisent des immeubles à Paris, charte  » pour un aménagement durable et inclusif », la mairie tient à ce que soient respectées « certaines règles pour protéger la biodiversité et anticiper le réchauffement climatique. »

Les aménageurs sont donc invités à avoir  » 2 priorités en tête : l’impératif climatique et les besoins présents et futurs des habitants » insiste t’elle. Les explications de la mairie sont données sur son site Paris.fr avec quelques exemples comme ceux d’employer des travailleurs locaux et de créer des emplois sur place, de planter dans les espaces verts le bon arbre au bon endroit, de privilégier les plantations en pleine terre, d’inclure des arbres fruitiers dans les espaces végétalisés de telle sorte que soit privilégiée la biodiversité,  de chiffrer le bilan carbone des projets etc. Au total ce sont 6 idées fortes et 101 engagements qui sont donnés aux aménageurs comme « la mise à disposition des rez-de-chaussée pour des commerces d’alimentation ou de production locale, ou encore pour des associations. »

Autre souhait, les aménageurs sont appelés  à  » confronter leurs projets avec les rapports du GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Ce groupe de scientifiques établit régulièrement des rapports et des scénarios sur les effets du réchauffement climatique. » C’est ainsi aussi que, face aux « événements climatiques d’ampleur, tels que des canicules ou des inondations » auxquelles sera soumise Paris, « les aménageurs doivent prévoir dès aujourd’hui des îlots de fraîcheur pour mieux »  résister aux canicules ».
Bien entendu, en conclusion des éléments développés par la mairie de Paris, la révision du PLU (plan local d’urbanisme ) est évoquée et il est souligné qu’il s’agit d’un « document juridique…la base légale sur laquelle s’appuyer pour aménager la ville et l’espace public. » Le PLU, est-il précisé, est « bioclimatique » (c’est-à-dire qu’il anticipe les aléas du climat et protège la biodiversité pour adapter la ville) aux changements climatiques. 
A nouveau, il est question de concertation avec les habitants, pratique sur laquelle nous avons depuis longtemps déjà émis les plus extrêmes réserves car comme souvent tout est joué à l’avance. La concertation sert juste d’habillage. Comme le PLU définitif ne sera établi qu’en 2024, la mairie souhaite néanmoins agir sans attendre et incite les aménageurs, se fondant sur le fait que « 9 % du territoire parisien est en train d’être reconstruit ou réhabilité« , à s’appuyer sur :
Tous ces souhaits, recommandations, chartes, pactes et autres documents partent d’une bonne intention face au risque climatique.  Mais faut-il pour autant compliquer les choses à l’envie, empiler les rapports ? Comment un aménageur peut-il s’y retrouver et notre capitale, l’une des plus denses du monde, mérite t-elle que l’on construise davantage, encore et encore ? Ne faudrait-il pas se contenter simplement d’aménagements et rénovations répondant aux risques climatiques sans vouloir voir trop grand et rendre certaines règles inapplicables par leur complexité ? Des mesures simples doivent aussi contribuer à éviter n’importe quoi, tel par exemple ces plantations abandonnées autour des arbres donnant cet aspect si hideux et sale.
Restons donc pragmatiques et réalistes, gages de réussite, y compris dans la lutte contre le réchauffement climatique.

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