Sainte-Opportune, l’église disparue du quartier des Halles

Un certain nombre d’églises  parisiennes ont été détruites au fil de l’histoire. Il est difficile parfois d’imaginer qu’à tel ou tel endroit se trouvaient ces édifices. Seul le nom d’une rue, d’une place peut rappeler leur existence.

L’église Sainte-Opportune fait partie de celles qui ont été démolies à la Révolution.  Elle se situait là où sont aujourd’hui la rue et la place éponymes au sud des Halles, le long de la rue Saint-Denis et à l’arrière de la rue de la Ferronnerie. Les immeubles du n° 2 rue Sainte-Opportune, et n° 8 place Sainte-Opportune, ainsi que sur une partie de la rue Courtalon, l’ont remplacée.

On sait qu’à l’origine de l’église existait à la fin de l’empire romain une chapelle dite Notre-Dame des Bois bâtie prés de ce qui étaient encore des marécages. Cette dernière fut remplacée pour cause de miracles.  En effet, au IXe siècle l’évêque normand de Sée, Hildebrand, a dû s’enfuir avec 4 chapelains, à Paris, en raison de l’arrivée des Normands et il prit avec lui les reliques de Sainte-Opportune qu’il déposa dans cette chapelle (sur autorisation de Louis II Le Bègue). De nombreux miracles furent alors attribués à la sainte par de nombreux miracles par les nombreux pèlerins. On sait que les reliques de Jean du Pin, Saint-Marcou, Saint-Herbland étaient aussi exposées dans l’édifice. Grâce à une donation des terrains voisins de la chapelle, l’édification d’une collégiale, d’un hospice et comme souvent d’un cloître furent permis.

C’est seulement en 1225 qu’elle est érigée en paroisse, la paroisse Sainte-Opportune, mais avec un secteur géographique trés restreint (une quarantaine de maisons seulement prises sur la paroisse de Saint-Germain l’Auxerrois). Secteur qui fut étendu ensuite jusqu’à Montmartre  par le roi  Louis VII nécessitant de reconstruire une église plus grande aux XIIIe et XIVe siècles (l’illustration de cet article est extraite du plan de Turgot de 1760-1771).

Le curé de la paroisse refusera lors de la Révolution de prêter serment constitutionnel, ce que ne feront pas les autres prêtres qui l’assistent. L’église devient alors bien national et vendue en tant que carrière de pierres causant sa destruction à partir de novembre 1792 jusqu’en 1797.

Plusieurs confréries avaient leur siège dans l’église, les chapeliers, les brodeurs, les potiers d’étain et Notre Dame du Bois, une confrérie de dévotion. Beaucoup de membres ont été inhumés dans la collégiale mais on ne recense aucune sépulture de célébrité notable.

Il convient de souligner que la Vierge de douleur de Philippe de Champaigne, aujourd’hui au Louvre, provient de la collégiale Sainte-Opportune, de même qu’un méreau en cuivre  exposé au musée Carnavalet. Par ailleurs un livre publié en 1996 par Erik Kocevar est consacré aux orgues et aux organistes de Sainte-Opportune de 1535 à 1790.

Nous reviendrons ultérieurement sur l’église des Saints Innocents toute proche, bordant le cimetière du même nom, aujourd’hui disparue.

 

 

Sources : Wikipedia, Paris Musées, patrimoine.religieux.fr, loquis.com 

 

 

 

 

 

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