L’application de la loi du 28 avril 2025 dont le but est de renforcer la sécurité dans les transports en commun commence à porter ses fruits. Ainsi les contrôleurs de la RATP et de la SNCF peuvent utiliser depuis le 19 décembre les caméras piétons à l’instar des services de sécurité de ces mêmes opérateurs qui étaient déjà autorisés à le faire. Une expérimentation préalable a été entreprise avait été particulièrement concluante notamment lors de situations tendues. Les images des caméras sont imparables et peuvent constituer des preuves difficilement discutables. Ces caméras piétons vont aussi bientôt équiper les conducteurs de bus. Une excellente nouvelle. Quant aux équipes de sécurité citées plus haut le GPSR pour la RATP et la SUGE pour la SNCF, elles devraient pouvoir prochainement (décret à paraître) « procéder, sans autorisation préfectorale préalable,… à des palpations et fouiller les bagages mais aussi interdire l’accès aux trains des personnes menaçant la sécurité des voyageurs. » Et aussi poursuivre les responsables d’infractions en dehors des gares. Soulignons que ces équipes armées n’ont pas été autorisées par le Conseil Constitutionnel à détenir des tasers. Elles disposent d’une équipe cynophile utile pour les bagages abandonnés.
Le Conseil constitutionnel a aussi censuré dans le texte de loi cité supra la « vidéo algorithmique », un logiciel d’intelligence artificielle « qui permet …de détecter des mouvements de foule suspects et d’alerter sur la préparation d’une attaque« . Ce refus est bien dommageable car ce système appliqué lors des Jeux olympiques avait montré toute son efficacité. Le gouvernement essaie de faire en sorte qu’il soit toutefois utilisé pour les JO d’hiver de 2030. La présidente de la région IDF pousse également dans le sens d’une utilisation plus systématique et quotidienne dans les transports et milite pour un nouveau projet de loi car bien des capitales dans le monde utilisent cet outil. Il faut noter que la région IDF, qui a aussi la main sur Ile-de-France-Mobilités (IDFM), a fait installer 80 000 caméras dans les gares et les stations reliées à un centre de coopération opérationnelle de sécurité placé sous l’autorité du préfet de police et où interviennent les responsables de sécurité, y compris les agents privés. Les médias qui traient du sujet de la sécurité dans les transports insistent aussi sur l’attention portée particulièrement à la sécurité des femmes et sur la mise en place d’applications préventives ad hoc.
Il faudrait tendre en matière de sécurité dans les transports vers la tolérance zéro à l’instar de ce qu’avait fait, bien que décrié alors y compris en France, le maire de New York et qui porte encore aujourd’hui ses effets. Notons qu’en France d’aprés les chiffres de la police et de la gendarmerie nationales la délinquance dans les transports en commun représente en moyenne depuis 2016, 5% de victimes et 3% des mis en cause avec peu de victimes d’homicides et de tentatives d’homicides, en moyenne 6 et 38 par an respectivement. En revanche les vols sans violence portent, pour 58% d’entre eux, sur la seule région IDF (18% de la population nationale) pour une grande part réalisés par des mineurs (y compris pour les vols avec violence) à la solde d’organisations criminelles bien rodées situées à l’étranger. Toutefois en 2024, par rapport à 2025, une baisse de 9% des vols a été enregistrée. 88 260 victimes et 4 390 mis en cause pour un taux de plainte de 41% toutefois… Quant aux violences physiques sur la même période dans les transports en France, elles sont de 9 349 soit 25 par jour auxquelles s’ajoutent 3 399 faits de violence sexuelle. N’oublions pas les violences à l’encontre des personnes dépositaires de l’autorité publique, + 6% en 2024/ 2023, concentrées à 48% sur l’Ile de France.
Globalement les autorités constatent un mieux, un frémissement, mais il reste beaucoup à faire et à mettre en place pour assurer une plus grande sécurité dans les transports en commun.
Sources : Statistiques du ministère de l’intérieur. Le Figaro des 3 et 4 janvier 2026, article signé Jean-Marc Leclerc.
