Petite histoire de l’Hôtel de Montmorency

La rue de Montmorency (ex rue de la Court-au-Villain) dans le 3e arrondissement doit son appellation à la famille éponyme qui s’y installa dès le XIIIe siècle, jusqu’à la terrible date du 30 octobre 1632 où Richelieu fit décapité à Toulouse, le premier prince de France Henri II duc de Montmorency, maréchal de France et gouverneur du Languedoc qui avait eu le tort d’écouter Marie de Médicis, qui complotait contre Louis XIII pour mettre sur le trône son autre fils Gaston. L’Hôtel confisqué a ensuite été habité par Nicolas Fouquet suite à son mariage avec Marie-Madeleine de Castille qui avait reçu ce bien en dot. Devenu contrôleur des finances, Fouquet amassa une immense fortune, fit construire le château de Vaux le Vicomte et, comme chacun le sait,  finit tristement après des années de prison (sa sépulture anonyme est située dans le Temple du Marais,  l’ancienne chapelle du couvent de la Visitation 17 rue Saint-Antoine). Les propriétaires de l’Hôtel étaient-ils donc condamnés à subir les foudres du roi?

L’entrée de l’Hôtel de Montmorency (à ne pas confondre avec l’Hôtel de Montmorency-Luxembourg 2e ou l’Hôtel de Montmorency- Fosseux 6e) était à l’origine rue Sainte-Avoye (devenue rue du Temple) avait été construit au milieu du XVIe siècle par l’architecte Jean Bullant pour le connétable France Anne de Montmorency. Parmi les pièces composant les appartements d’habitation figuraient une galerie richement ornée de fresques et un appartement des bains. Des modifications sont apportées  par François Mansart en 1632 avec la construction d’une aile à la demande d’Henri II de Montmorency.  Vendue en 1660 la propriété passa ensuite de 1727 à 1789 aux mains de Jean-Louis Thiroux de Lailly. Devenu Hôtel de Mesmes, transformé par Pierre Bullet en 1704, puis par Germain Boffrand et Michel Tannevot. L’entrée est transplantée en 1739 du 101-103 rue du Temple (autrefois appelée rue Sainte-Avoye) au 5 rue de Montmorency. Des maisons de rapport furent installées sur la rue du Temple toujours visibles aux 101-103 (les façades de 2 étages sont percées d’arcades avec des clefs et les fenêtres ont gardé leurs très beaux garde-corps en fer forgé).  Après la Révolution l’Hôtel est vendu à un dénommé Cognier qui entreprend des démolitions pour lotir le terrain, les vestiges qui subsistent sont peu nombreux…telle une magnifique fontaine en pierre sculptée de forme cintrée avec une jolie coquille.

Devenu propriété de l’Etat en 1951 pour y installer l’école nationale des impôts et transformé depuis lors en espace de bureaux, le bâtiment se distingue par son porche imposant avec ses rocaille, feuilles et fleurs ciselées qui est flanqué de 2 vases Médicis. Un tympan triangulaire sculpté (putti sur des lions, outils de jardinage et guirlandes de fleurs) orne le corps de logis positionné perpendiculairement à la rue de Montmorency. Les fenêtres encadrant la porte d’entrée du logis son surmontées de représentations de Flore et de Cérès. A l’intérieur le bel escalier en fer forgé a été préservé.

Un immeuble Louis-Philippe situé au n° 6 de la rue fait face au porche de l’Hôtel de Montmorency. il possède une porte d’entrée qui est surmontée d’une élégante imposte, ellee  et donne accès à un hall à voûte à caissons dont les murs comportent des niches, un ensemble typique de cette période.

 

Sources : – Le Marais Evolution d’un paysage urbain Danielle Chadyd

                     – Le marais ses hôtels ses églises  Yvan Christ, Jacques Sylvestre de Sacy et Philippe Siguret

 

 

1 commentaire

  1. Comme l’hôtel de la Haye rue Béranger, comme la Chancellerie d’Orléans dont nous nous réjouissons d’admirer bientôt les décors, l’Hôtel de Montmorency Ste Avoye fut encore une victime du vandalisme.
    « J’ai créé le mot pour tuer la chose » écrivait l’Abbé Grégoire en 1794…

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