De curieuses boutiques dans nos quartiers

Des boutiques proposant un produit inattendu dit CBD (abréviation du cannabidiol) ont fleuri ici et là en France et dans Paris. Il en existe dans notre arrondissement rue de Turenne, rue Beauregard (photo illustrant l’article), rue du Roule, rue La Feuillade et d’autres encore.

Malgré l’ambiguïté juridique liée à cette molécule qui fait partie des nombreux (autour de deux cents, selon l’Organisation mondiale de la santé) cannabinoïdes présents dans le chanvre, aussi appelé cannabis. Elle n’a cependant pas d’effet stupéfiant.

Selon le journal Le Monde du 18 juin 2018 cette substance découverte  en 1963 « fait l’objet d’un puissant effet de mode dès 2018 : en quelques mois à peine, des dizaines de boutiques spécialisées en produits dérivés ont été ouvertes à travers la France, qui ont trouvé une « faille » légale en vendant des produits présentant très peu de THC, mais une concentration en cannabidiol. » Ce dernier est vendu sous forme de fleur, d’huile, de produits cosmétiques ou alimentaires et n’a donc pas d’effet stupéfiant pour le consommateur. Selon certains spécialistes le CBD permettrait de réduire l’anxiété et le stress. Pourtant d’autres n’hésitent pas à dire que c’est une drogue « light ». Alors qui croire?  Il est certain que  la commercialisation fait débat.
Dans ce contexte la France a voulu interdire l’importation de produits à base de CBD, mais la Cour de justice européenne a rendu un arrêt en novembre dernier qui lui enjoint de ne pas le faire ! Des décisions de justice ont depuis invalidé les fermetures de magasins spécialisés qu’avaient demandées les autorités. Et les boutiques qui n’étaient qu’au nombre de 400 en début d’année en France sont passées à 600.  Selon le Figaro du 21 juillet dernier le marché de la distribution du CBD est évalué à 150 millions d’€/an.
Le gouvernement ne s’avouant pas vaincu et mettant en avant des raisons de santé publique, serait en train de préparer un texte où seraient seulement autorisés à la vente les huiles et les produits alimentaires, alors que les feuilles et les fleurs pouvant être fumées seraient interdites. Or ce sont les produits à la fois les plus vendus et les plus profitables pour les commerçants. Plusieurs milliers de bureaux de tabac en proposent à leurs clients (au même titre que du liquide de vapotage à base de CBD). Ils vont donc devoir arrêter d’en vendre.
Ce décret lorsqu’il paraîtra risque fort de rebattre les cartes et de causer des difficultés à la fois aux commerces spécialisés et aux débitants de tabac déjà affectés par la baisse d’activité due à la réduction du nombre de fumeurs. Des grandes surfaces ont de leur côté référencé le CBD dans les espaces santé de leurs magasins sans inclure les feuilles et les fleurs et elles rencontrent un certain succès.
La donne va donc changer et il est peu probable que de petits commerces de CBD continuent à s’ouvrir de façon exponentielle malgré certaines prévisions du syndicat du chanvre qui affirme que 2 000 boutiques pourraient mailler le territoire français, notre arrondissement en comptant déjà une bonne dizaine.

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