La reprise est nettement moins forte à Paris qu’en province

Tous les experts sont formels et les acteurs économiques aussi,  Paris ne profite pas autant que le reste de la France de la reprise économique, elle est en deçà de la moyenne. L’apparente activité des bars, cafés et restaurants, le retour sur les lieux de travail, la réouverture des salles de spectacles, les transports en commun plus fréquentés donnent l’illusion que tout se passe comme avant le printemps 2020 ou presque et pourtant…?
Or les transports en commun n’ont en fait pas retrouvé leur niveau de fréquentation d’avant (-25%/2019 alors qu’en province on est à -10 ou – 15% selon les villes), les théâtres et les salles de cinéma sont à la peine. Peu de touristes et ce sont plusieurs pans de l’économie parisienne qui souffrent. Rappelons que le tourisme représente 15% des emplois et 13% du PIB parisien contre 7% en moyenne pour l’ensemble de notre pays (chiffres Le Figaro des 9 et 10 octobre 2021). Les prévisions les plus optimistes font état de 16 à 17 millions de touristes à Paris en 2021 contre 38 millions en 2019. Les salons professionnels qui ont repris voient, par rapport à la même année de référence, leur fréquentation baisser de 30%. Les musées sont impactés et nous l’avons déjà souligné, davantage encore les hôtels (- 45%), les grands magasins et les boutiques de luxe. Les lundis et vendredis sont les jours où l’activité est la plus faible,  conséquence du télétravail instauré  dans  les entreprises, cabinets et autres institutions installés dans la capitale.
Certains médias n’hésitent pas à affirmer que Paris est à la traîne alors qu’auparavant la capitale apparaissait comme le moteur de la croissance en France. Pour d’autres, Paris est devenu « un laboratoire de la décroissance », conséquence du choix de l’équipe municipale de vouloir privilégier l’écologie souvent punitive, avec ses contradictions,  au développement économique. L’ ouverture internationale de la capitale est devenue son talon d’ Achille.
Si certains tirent leur avantage de la situation comme les magasins  de proximité où les bars, outrageusement favorisés par l ‘équipe municipale,  il n’en demeure pas moins que beaucoup de commerçants,  artisans et entrepreneurs souffrent. Les quartiers les plus touchés par cette morosité sont  les boulevard Saint-Michel et Saint-Germain, le quartier de l’Opéra, le Marais, le Forum des Halles et la Rue de Rivoli. Et il faut souvent 6 à 18 mois pour que des locaux à vendre ou à louer soient vendus et occupés à nouveau.
 Au-delà du départ d’un nombre significatif de Parisiens vers la province où l’Ile de France (la baisse démographique de la rentrée a été très importante dans les écoles, -5% en un an, soit 6 000 élèves), sont pointés les  énormes travaux engagés pour les Jeux Olympiques 2024 qui vont durer plusieurs années, la réduction de la circulation automobile qui aggrave les difficultés d’accès à Paris, la multiplication des terrasses et leurs nuisances. Ce dernier reproche est un des thèmes repris par les 1 500 manifestants du rassemblement de dimanche 10 octobre devant l’Hôtel de ville contre certaines décisions de la mairie qui a perdu tout sens de l’écoute de ses administrés dont elle s’est indéniablement coupée. La vitesse limitée à 30km/h et les axes fermés à la circulation automobile sont des raisons également  fréquemment mises en avant pour expliquer ce décalage avec le reste du pays.
Il faudrait donc réviser certaines politiques mises en œuvre pour éviter d’aggraver davantage encore l’écart économique qui se creuse entre Paris  et la province. Les élus parisiens convaincus de leurs certitudes accepteront ils de se remettre en question ?  Ce n’est pas sûr car il faut d’abord écouter ses administrés.

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