La restauration tant attendue de l’église Saint-Nicolas des Champs a débuté

Voilà des dizaines d’années que l’église Saint-Nicolas des Champs toute proche du Conservatoire de Arts et Métiers attend une restauration qui paraissait au fil du temps de plus en plus hypothétique. Mais ô miracle, depuis  plusieurs semaines des échafaudages sont progressivement installés tout le long de la façade sud que borde la rue Cunin-Gridaine. il était temps car  » l’édifice à 5 nefs qui frappe par son ampleur  » avait besoin d’être protégé et mis en valeur. Rappelons  les proportions de l’église qui est la réunion de 2 constructions des XVe et XVie siècles : un transept de 90 m de long, 36 m de large et 20 m de hauteur, un alignement intérieur de 99 colonnes  qui lui permet d’être appelée » l’église aux 100 colonnes« .

Inscrite l’an passé déjà, la restauration a été retardée et vient enfin de débuter. Elle porte, tel que mentionné dans l’appel d’offre lancée par la mairie en 2019, sur les  »   Travaux de restauration des façades sud de l’église Saint Nicolas des Champs 254 rue Saint Martin 75003 Paris… Lot 1 Échafaudages – Maçonnerie – Pierre de Taille – Lot 2 Couverture – Lot 3 Sculpture – Restauration de sculpture – Cadran solaire – Lot 4 Vitrail – Lot 5 Restauration de menuiserie bois « . Le budget engagé est de 2,5 M€. La durée prévue des opérations est d’un an et demi environ. Les couvertures et les vitraux seront repris, les façades nettoyées et les pierres abimées seront changées,  la partie perpendiculaires (le Vieux logis témoin de l’habitat ancien de Paris), les arcades de l’ancien charnier seront eux aussi réhabilités. Toute cette partie de l’église retrouvera  le lustre qu’elle n’a plus depuis bien longtemps et amènera forcément, à l’occasion d’une seconde campagne, la reprise de la façade ouest avec son intéressant portail et le clocher appelé aussi « tour campanaire« . En matière de portail, la façade sud est dotée d’un exemplaire remarquable, très sculpté, construit entre 1568 et 1578 inspiré de dessins de Philippe Delorme avec deux ventaux, œuvre de Colo, qui ont été envoyés en restauration le 12 octobre.

L’intérieur des chapelles qui sont adossées à cette façade (les fresques de certaines d’entre elles ont été remises en état à l’occasion de l’exposition du musée Carnavalet intitulée  » Les couleurs du ciel peintures des églises de Paris au XVIIe siècle » en 2012-2013) a été protégé par de panneaux de bois afin d’éviter que les boiseries les  peintures, les statues et autres objets d’art dont regorge l’église et qui n’ont pas pu être enlevées soient endommagés pendant la durée des travaux.

Une fois cette restauration terminée, un autre grand chantier est en attente à l’intérieur de l’église, celui du relevage de l’orgue dont les dernières interventions datent de 1930 et 2006. L’instrument a beaucoup souffert des sécheresses et des hivers des années récentes ayant conduit à le mettre en sommeil en 2018, en attendant un relevage mérité puisqu’il s’agit d’un orgue historique classé (ainsi que le tribune) qui « demeure un des témoins les plus authentiques de l’art de François Henri Clicquot, avec ceux de Saint-Gervais,  de Souvigny et de la cathédrale de Poitiers ». En 1777, l’instrument était le premier au monde à disposer de 5 claviers !

Nous sommes ravis du lancement de cette restauration menée avec notamment les concours de la maire adjointe en charge du patrimoine et des spécialistes de la mairie en lien avec la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) d’Ile de France. Nous souhaitons ardemment que ce patrimoine étonnant, méconnu des Parisiens et des touristes retrouve l’attrait qu’il mérite et qui lui fait défaut depuis si longtemps.

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