La rue Bachaumont et des concept stores dont les riverains se passeraient bien

Des voix s’élèvent de plus en plus à l’encontre de magasins dits « concept-store » qui ont fleuri rue Bachaumont. Ceux-ci sont appelés tantôt « Family concept store« , « Concept store Beauté« , « Boutique Cantine » etc., chacun vantant le nombre de ses « followers ». Avec l’emploi de moult anglicismes, « lieu Life style« ,  « Businesswoman » ,  « fashion« , « Ecofriendly » ou d’expressions accrocheuses « au  cœur de Montorgueil« ,  « un concept store divinement mis en scène » , « attire déjà le Tout-Paris mode dans sa cantine » et « une brasserie anglaise perfusée à la sauce Montorgueil« .  Les 2 dernières locutions expriment à elles seules, à l’aune de ce qui s’est passé dans cette rue lors du 1er déconfinement, le ras le bol des résidents qui risque fort de se reproduire voire décupler après le second déconfinement.

En effet, ces magasins contrairement aux premiers concept-stores apparus dans la capitale il y a quelques années, élargissent dorénavant leur champ d’activités par une offre « brasserie ».  C’est-à-dire que la vente de vêtements, de livres,  de parfums ou autres produits de beauté, intègre aussi sous la même enseigne une activité bar/restaurant pratiquée sous le faux nez du concept store et bien entendu présentée comme plus chic et naturel, plus « haut de gamme » plus jeunes cadres dynamiques, plus « nouvelle vague », plus décontractée, voire poétique et moins ringarde.

Il n’empêche que sous ces vocables a priori allusifs et trompeurs, et avec le retour des consommateurs et des touristes (enseignes référencées par Tripadvisor), la rue qui était si calme dans un passé récent s’ajourera à la longue liste de toutes celles de Paris et du centre en particulier où il n’est plus possible du fait des nuisances  sonores, comme ce fut la cas cet été de ne plus pouvoir y vivre paisiblement.

L’équipe municipale ne peut ignorer indéfiniment les requêtes légitimes de ses administrés, elle ne peut plus continuer à pratiquer la politique du laisser-faire et de surcroit se retrancher derrière les difficultés de toute  une profession impactée par la pandémie pour laisser libre cours à l’anarchie par la bruit. Cette dernière va bien au-delà d’une simple incivilité, la mairie doit vraiment écouter les Parisiens impactés,  la  tolérance a ses limites.

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