La Tribune de l’Art inquiète des travaux menés dans la maison Claustrier aux Archives nationales

Dans la Tribune de l’Art du 20 décembre Didier Rykner sous le titre « Quand le ministère de la culture vandalise un hôtel particulier du Marais » dénonce  à l’occasion de travaux destinés à loger davantage de collaborateurs des archives nationales (suite à la décision de regrouper des services, il faut loger 300 personnes là où il y en avait 90), le vandalisme organisé par ceux là même que devraient protéger notre patrimoine.  La cause de ce courroux  « des vestiges qui étaient encore conservés dans les hôtels particuliers adjacents » à l’Hôtel de Rohan « ont probablement été détruits par le ministère avec l’aval de la DRAC Île-de-France.« 

Philippe Cachau, spécialiste de Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne l’architecte de cet Hôtel particulier à qui il a consacré sa thèse de doctorat, a alerté la Tribune de l’Art au sujet de travaux intérieurs menés dans la maison Claustrier 46 rue des Francs-Bourgeois, (voir photographe illustrant cet article) qui auraient conduit à la « démolition d’un escalier de service… du XVIIIe siècle » à l’occasion du curetage entier du premier étage de l’immeuble « … et la disparition des éléments anciens du deuxième étage ». L’architecte en charge de ce chantier sollicité se retranche derrière les autorisations délivrées par  la DRAC.

Interrogé par la Tribune de l’Art le ministère de la Culture a selon l’auteur de l’article répondu de façon tardive en ces termes  « la restauration du clos et couvert de la maison Claustrier, dont les façades et toitures sont classées et les intérieurs inscrits au titre des monuments historiques (*), est réalisée sous la maîtrise d’œuvre de François Jeanneau, ACMH. Ce dernier a réalisé une étude d’authenticité permettant d’identifier les éléments remarquables à conserver. Dans ce cadre, un escalier de service a en effet été déposé, conformément au permis de construire encadrant cette restauration, instruit par la DRIEAT (**) et validé par les services patrimoniaux de la DRAC (***) Île-de-France. » Ce qui ne satisfait pas l’auteur de l’article car il ne lui est pas possible de visiter les lieux pour constater ce qui a été fait, persuadé que « des vestiges précieux de l’architecture de Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, et des décors créés par Nicolas Pineau ont disparu dans les travaux. » Outre l’escalier de service, des décors du XVIIIe siècle mentionnés dans la thèse citée plus haut (niche de poêle, frises et dessus de portes) et vraisemblablement une ou plusieurs cheminées auraient disparu.

Il est vrai que cette histoire abracadabrantesque de travaux réalisés en catimini aux Archives nationales jurent avec la publicité affichée de réhabilitation en cours des décors de la chancellerie d’Orléans dans l’Hôtel de Rohan.

La conclusion de Didier Rykner laisse songeur. Il écrit «  Et il faut s’inquiéter pour les autres monuments concernés : l’hôtel de Fontenay, à l’arrière de la maison Claustrier, l’hôtel de Jaucourt au 54 rue des Francs-Bourgeois, et une partie de l’hôtel de Rohan. Mêmes causes, mêmes effets…« 

Affaire à suivre !

 

(*) La maison Claustrer n’est semble t-il malgré l’affirmation du ministère de la culture ne serait pas classée ni inscrite mais elle est en théorie protégée intégralement par le plan de sauvegarde et de mise en valeur du Marais.

(**) La Direction régionale et interdépartementale Environnement-Aménagement-Transports « sous l’autorité des préfets , cette direction participe à la construction d’un cadre de vie qui réponde au mieux aux besoins de générations actuelles et futures des Franciliens… »

(***) Direction régionale des affaires culturelles

 

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