Le développement acharné de la bicyclette devient préjudiciable aux utilisateurs des bus

Curieuse situation que celle des transports en commun dans la capitale. En effet, d’un côté la Maire de Paris a tenu à mettre en œuvre une promesse de campagne concernant la gratuité des transports en commun pour les moins de 18 ans (elle était déjà en place pour les moins de 11 ans), soit un coût annuel de 26 millions d’€ évalué par la mairie. De l’autre côté la presse estime que les décisions prises par l’équipe municipale sur le développement de la bicyclette (et des trottinettes) au détriment de la voiture, pénalisent aussi les bus en raison de la multiplication des pistes cyclables et des embouteillages.

Et de constater que des voies de bus ont été supprimées pour laisser la place à des voies cyclables rendant les déplacements en bus plus compliqués ou obligeant le conducteur à faire un détour. Il semblerait même que le temps pour réaliser les trajets en bus se soient allongés significativement. Ainsi les lignes 95 (Porte de Vanves-Porte de Montmartre) et 54 (Porte d’ Aubervilliers-Gabriel Péri Métro) qui desservent respectivement 38 et 42 stations seraient les plus touchées avec un temps moyen supplémentaire de 18 et 38 minutes d’un bout à l’autre de la ligne!

« Tandis que les associations d’usagers de transport pestent contre ces décisions, la RATP semble « faire avec » et demande à leurs chauffeurs de faire le plus de kilomètres possible, quitte à arrêter les trajets en cours de route s’il y a trop de bouchons. Malgré le recours à des engins hybrides et plus écologiques, les bus ne semblent plus être en odeur de sainteté. » (Le Figaro daté du 4 septembre 2020°

Autre point qui mérite d’être souligné sur ce dossier, la méthode utilisée ces derniers mois pour le gérer. Il s’agit d’ une méthode qui devient la marque de fabrique de l’équipe municipale, elle a aussi été appliquée pour l’extension gratuite des terrasses des bars. Tout d’abord, on nous annonce en pleine pandémie du Covid et sans aucune concertation que des pistes cyclables temporaires supplémentaires allaient être installées à la hâte. Une fois la réalisation effectuée et le délai fixé, les jours, les semaines, les mois passant,  la mairie ou « sa première édile » fait courir le bruit, à l’approche de la fin de la durée du provisoire, que l’aménagement pourrait être pérennisé puis cela débouche sur l’annonce effective de son maintien dans le temps sans trouver utile de consulter les citoyens pourtant tous concernés. Et dans cette affaire les conducteurs de trottinettes pour lesquels tant d’incivilités et d’insécurité sont dénoncées bénéficient, eux aussi, avec les exploitants intéressés par ce business florissant, des avantages de ces nouvelles pistes cyclables dont le réseau risque de devenir tentaculaire. Imposée à la hussarde,  la chasse impitoyable à la voiture dans Paris ne doit pas s’apparenter à du sectarisme, les sources de pollution de l’atmosphère parisienne n’ont en effet pas pour seule cause les gaz d’échappement des automobiles, loin s’en faut !

 

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