Les beaux hôtels particuliers de la place des Victoires

Conçue par l’atelier de scénographie et création Athem, une bâche cache, tout en le reproduisant avec de la publicité en plus, l’Hôtel Charlemagne au n°1 (il fait angle avec la rue Catinat une des plus courtes rues de Paris) qui se trouve accolé, tels des jumeaux, à l’Hôtel de Montplanque au n° 1bis de la place des Victoires. Cette concession publicitaire de l’ancien Hôtel Charlemagne finance la restauration de l’édifice.  Les deux hôtels sont du XVIIe siècle, comme d’autres de la place et ils sont classés (toitures et façades) depuis1962 à l’ISMH ainsi que le sont ceux situés aux n°  2 (Hôtel Bergeret de Grandcourt), n° 3 (Hôtel Bauyn de Soyecourt) , n° 4 (Hôtel Bergeret de Talmont), n° 4bis (Hôtel de Metz de Rosnay ou Vigier ou de Forceville), n° 5 (Hôtel Bauyn de Péreuse), n° 6 (Hôtel de Prévenchères), n° 8 (Pellé de Montaleau ou de Bosredon), n° 9 (Hôtel de l’Hospital), n° 10 (Hôtel Gigault de la Salle) et n° 12 (Hôtel Cornette ).  » Ces classements  ayant été tardifs, « l’uniformité de l’ensemble n’est plus aussi formelle qu’à l’origine ; en particulier, des surélévations ont été opérées sur plusieurs bâtiments et les constructions faites de part et d’autre de la rue Étienne-Marcel — postérieures à la création de la place mais antérieures à sa protection — présentent un épannelage de hauteur plus élevée. »  Des dimensions et des normes bien éloignée s du cadre établi par l’architecte Prédot.

Nous savons peu de choses sur la plupart de ces hôtels.  Ainsi est-il indiqué qu’ils ne furent généralement achevés qu’au début du XVIIIe siècle. la place a été le lieu de résidence d’importants personnages, le duc de La Feuillade qui devint maréchal de France en 1724, Antoine Crozat (1655-1738) ou  Samuel Bernard (1651-1739) rival du précédent qui étaient des financiers  très impliqués dans la traitre des noirs et parmi les premières fortunes de France à la mort de Louis XIV.  L’Hôtel Bauyn de Péreuse dont la toiture fut classée en1948 doit son nom au médecin et secrétaire du roi qui fut anobli en 1638.

Sous le règne de Louis- Philippe les bâtiments ont été beaucoup « mutilés » par des extensions, des surélévations et l’installation de boutiques nuisant grandement à l’ordonnancement de la place qui s’est trouvée à nouveau mise à mal par les travaux de percement et d’élargissement des rues lors des grands travaux menés par Haussmann. C’est à ce moment que la forme en fer à cheval de la place dessinée par Jules Hardouin Mansart a été modifiée.

Parmi les hôtels, nous savons que  l’Hôtel de l’Hospital ( ou de la Pomponne ou Massiac) a été construit en 1635  pour le Secrétaire du roi, Marc Antoine Acéré, puis racheté par François de l’Hospital. A  la mort de ce dernier, il est acquis 2 ans plus tard, en 1673 par Simon Arnaud de Pomponne secrétaire d’Etat des Affaires étrangères qui y fit d’importants travaux sous la supervision de Jules-Hardouin Mansart. devenus locaux d’entreprises l’hôtel (classé en 1928) sera remplacé en partie par un immeuble haussmannien lors du percement de la rue Etienne Marcel dont l’aménagement fut confié à Blondel.

Malgré les modifications du temps et les travaux qui ont transformé Paris, la place de Victoires reste avec ses très beaux immeubles classiques, un lieu plein de charme, attachant et caractéristique de Paris. La bâche publicitaire peut choquer mais elle est installée temporairement pour faciliter, tant au plan matériel que financier, la restauration d’un édifice historique. 

 

Sources : Parisitoric,  Wikipedia et Jacques Hilairet  (Dictionnaire historique des rues de Paris)t 

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