Ne faut-il pas interdire les trottinettes à Paris ?

Pourquoi avoir attendu si longtemps pour mettre en demeure les loueurs de trottinettes de limiter à 10km/h la vitesse de leurs engins  Pourquoi tester cette mesure dans le centre de Paris avant d’étudier l’éventuelle possibilité de l’étendre à l’ensemble de la capitale ? 4 morts depuis 2018 et des blessés en nombre n’est-il pas suffisant ? Citons l’exemple de cette pianiste qui a dû l’an passé abandonner sa carrière après avoir été renversée par un chauffard en trottinette. Citons aussi les villes de Barcelone et de New York qui ont, comme plusieurs villes de banlieue (Issy les Moulineaux et Boulogne sur Seine), interdit les trottinettes.
Depuis un an et demi la mortalité routière a augmenté de façon exponentielle à Paris. Dès février 2020 la presse constatait le danger et tirait la sonnette d’alarme puisque 8 personnes étaient décédées en 2 mois à peine dans les rues de Paris ! Ces chiffres alarmants mis sur le dos des grèves puis de la pandémie n’excusent pas le manque de contrôles et le manque de réactivité à mettre en place des règles pour juguler le phénomène (ce ne sont pas les grèves en effet qui amènent la circulation des trottinettes sur les trottoirs !). Des années auront donc été nécessaires pour instituer, et dans un arrondissement seulement, ce blocage des moteurs de trottinettes à 10km/h.
On se trouve face à au phénomène de « l’escargot ». Malgré des annonces tonitruantes sur la mise en place de régulations indispensables, il faut des mois, voire des années, avant de les voir appliquées. L’exemple des plateformes de location saisonnière est aussi symptomatique. 
Pour ubuesque que cela puisse paraître, il n’en demeure pas moins que cette réalité fait le lit de tous les abus. La vitesse à laquelle roulent les conducteurs de trottinettes laisse très souvent pantois, y compris sur les trottoirs.  Car si la limitation à 10km/h (peut- être est-ce encore trop?) est imposée à tous les engins loués en « free floating », qu’en est-il des trottinettes appartenant à leur conducteur ? Qu’en est-il des contrôles à mettre en œuvre ? L’idée de rendre obligatoire leur immatriculation se discute mais pourrait permettre la normalisation de de la vitesse maximale pour toutes ces machines. On se demande si les conducteurs ont le moindre soupçon d’être des petites bombes à retardement à l’égard des piétons qui auraient le malheur de croiser leur chemin.
Nos autorités ne doivent pas tomber dans la facilité et le « cocooning vert » favorisant les utilisateurs de mobilités dites « douces » (les loueurs de trottinettes paient 1 million d’€ de redevances à la ville) au détriment de ceux qui n’ont droit qu’à les subir. Ce n’est pas normal. Nos édiles doivent prendre en compte et penser à tous les autres bien plus nombreux mis en danger par manque de fermeté et par un laisser-aller ambiant que ne peut que favoriser les abus et les transgressions..

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