Nos quartiers touchés par la révolution du commerce

Dans nos quartiers, de plus en plus de commerces baissent le rideau sans avoir trouvé repreneurs et quand ils s' »en trouvent c’est souvent pour vendre du chanvre, de la téléphonie mobile, des cigarettes électroniques ou pour transformer le local en bar après les juteux bénéfices de cet été avec l’extension des terrasses. De nombreuses vitrines présentent un panneau  » A louer » quand elles ne sont pas tout simplement taguées et/ou recouvertes d’affiches sauvages.
Sur le fond il est évident que les modes de consommation changent, l’e commerce explose (Amazon détient 30 entrepôts dans notre pays lui permettant de  livrer 400 000 colis quotidiennement!). Le gigantisme s’oppose au commerce de détail. A Paris la situation est aggravée par la baisse drastique des touristes, les difficultés de circulation, de stationnement et des transports en communs pas toujours adaptés. La pandémie a beaucoup pesé sur l’expansion de l’un par les achats en ligne du fait du confinement au détriment des autres, les petites boutiques. Par ailleurs en cas de crise il est de règle que la consommation baisse au profit de la thésaurisation. L’embellie apparue après les déconfinements successifs n’a pas compensé la chute enregistrée.
Le  constat est identique pour les cabinets de médecine, dentaires et autres. Beaucoup de médecins issus du « baby boom » partent en retraite sans successeur (conséquence du numerus clausus) et ne prennent même pas la peine pour certains de prévenir leurs clients. Les nouveaux médecins n’ont pas besoin comme autrefois de racheter une clientèle, leur effectif est si bas qu’en s’installant les patients affluent et la plupart du temps c’est le trop plein. Il devient de plus en plus difficile de trouver un médecin et cet état de fait touche tout aussi bien la campagne que Paris… Aussi la télémédecine se développe-t-elle à grande vitesse.
Les aides dont ont bénéficié les commerçants dans la cadre de la pandémie ne règlent pas la question du modèle existant où se côtoient petits commerces, grands magasins et grandes surfaces en pleine « refondation » elles aussi face à l’hydre qu’est devenu l’e commerce. L’engouement des livraisons à domicile, des repas notamment, a pour sa part changé la donne et certains locaux commerciaux sont devenus des arrières cuisines afin d’être au plus près des consommateurs. Les attroupements de livreurs en bicyclette attendant les colis à livrer permettent de se rendre compte des nombreux locaux ainsi utilisés, là où on ne les attend pas.
Nous assistons à une évolution d’ampleur des habitudes de consommation qui peu ou proue, selon le secteur concerné, modifie la structure du commerce telle que nous la connaissons. Il nous appartient d’y entrer de plain pied ou de résister mais ce combat est perdu d’avance tant la dynamique est forte. Nous sommes devenus bon gré malgré les acteurs de cette « révolution ».  

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