Vélib’ n’est toujours pas au point ?

Alors que la ville et ses élus ont mis le paquet sur les vélos, Vélib’ est une véritable épine ( « un cauchemar » disent certains) dont elle n’arrive pas à enlever depuis que Smovengo a remplacé JCDecuax en 2018 à la suite de l’appel d’offre lancé quelques mois auparavant. Un marché à 478 millions d’euros et pour une durée de 15 ans. Face aux différents manquements le Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM) a estimé en 2021 qu’une amende de 9,8 millions d’€ (révélée par la canard Enchaîné) devait être demandée à l’exploitant.  Au final le syndicat  vient de ramener l’amende à 2 millions d’€, montant rendu public par Sylvain Raifaud conseiller de Paris mais aussi Président du SAVM.

A une large majorité nombre d’usagers regrettent JC.Decaux, le comité des usagers ne cache pas ses griefs quand d’autres utilisateurs, nombreux, ont fait savoir récemment leur mécontentement à l’occasion d’un  sondage réalisé sur Twitter. Il est reproché à Smovengo de laisser trop de stations vides, d’avoir trop de vélos indisponibles, une assistance électrique en panne…et des bornes totem défectueuses etc… Même la prise en charge des réclamations est jugée insuffisante.  En un mot le service laisse à désirer depuis trop longtemps.  Autre difficulté, celle du nombre de  vélos à fournir. Le  SAVM estime que 20 000 vélos doivent être  en permanence en état de marche quand Smovengo estime que 16 000 seulement  sont nécessaires. Une sorte de dialogue de sourds s’est installé qui a abouti au lancement d’un audit dont les conclusions et les remèdes (changement de contrat ? Pistes d’amélioration du service ? L’exploitation est-elle déficitaire ,…)  sont attendus en fin d’année. ce qui parait bien long!

Que traduit cette situation connue depuis des mois et qui perdure ?

Si l’exploitant historique a été évincé, il était indispensable qu’il fusse remplacé par un concurrent sur lequel des études indispensables, approfondies et poussées étaient en principe nécessaires,  quitte à s’entourer d’experts extérieurs au besoin. Nous osons croire que tel a été la cas car à trop imaginer que l’herbe est plus verte ailleurs, on commet des erreurs !

Aujourd’hui ce sont 360.000 abonnés qui ont dû s’habituer à devoir s’armer de patience pour décrocher un Vélib’ en bon état dans l’une des 1.400 stations situées à Paris et 60 communes de petite couronne. Smovengo dénonce la surutilisation des vélos, en particulier électriques, et s’étonne si le service est si mauvais que les usagers ne se tournent pas vers les   concurrents offrant des vélos électriques en libre service (Lime, Dott, Zoov, Pony…)  voire des trottinettes. Il faut aussi mentionner le nombre de vols et de bris de bicyclettes toujours aussi élevé.  Stéphane Volant, le dirigeant, souligne les efforts que consent la société en mettant en place une série de mesures récentes. Il aurait investi près de 14 millions d’€ en 2021 et a annoncé un plan de 2,7 millions pour la maintenance et la régulation,  la livraison de 4 000 nouvelles bicyclettes, l’embauche de techniciens supplémentaires et un traitement plus rapide des signalements. 

Le contrat a t’il été si bien ficelé ? On en doute...

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