Le ministère de la culture fête ses 60 ans

Le Ministère de la culture, installé rue de Valois, arbore actuellement sur ses façades, côté jardin du Palais Royal, des affiches qui rappellent les 60 ans de sa création. En effet, excepté quelques tentatives de créer un ministère de plein exercice en 1870, en 1947 et celle de Jean Zay sans succès lors du Front populaire, ce ministère n’existait pas, tout jute y avait-il jusqu’en 1959 une administration dépendante du Ministre de l’instruction et dirigée par le Directeur des Beaux-Arts ou un secrétaire d’Etat, rarement un ministre,

Le général De Gaulle donna toute son importance à ce ministère créé quasiment pour André Malraux qui, soulignons-le, avait rang de ministre d’Etat.

Le décret de création que ce dernier a signé est d’ailleurs très explicite sur sa mission « … rendre accessibles les œuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France, au plus grand nombre possible de Français, assurer la plus vaste audience à notre patrimoine culturel et favoriser la création de l’art et de l’esprit qui l’enrichisse… ».

Excepté André Malraux et Jack Lang qui sont restés 10 ans à leur poste, tous leurs successeurs ont exercé leur fonction en moyenne pendant 2 ans, ce qui est très peu pour imprimer une politique.

Beaucoup de commentateurs estiment, après les années « flamboyantes » (loi Malraux, créations de grandes directions au sein du ministère, restaurations de nombreux monuments, protection des sites, des centres historiques, journées du patrimoine, journées de l’archéologie, la fête de la musique qui au fil des années a hélas perdu tout son intérêt etc…), que le ministère a perdu de son lustre et de son influence. La culture ne serait plus « au cœur des projets politiques » traduisant le « rétrécissement de la fonction… ». La volonté un temps de « permettre à tous les Français de cultiver leur capacité d’inventer et de créer, d’exprimer librement leurs talents et de recevoir la formation artistique de leur choix » aurait fait long feu.

Les besoins en matière de culture, de patrimoine, de création sont énormes et à lui seul l’Etat ne peut tout faire, tout financer, nous le savons, mais il est vrai aussi qu’une forte impulsion en la matière serait de mise.

La catastrophe de Notre-Dame est peut-être une opportunité en donnant un nouvel élan à la protection, la conservation, et le développement des arts et de la culture en général qui ne demandent qu’à être encouragés et à recevoir l’impulsion souhaitée au travers d’une réelle ambition, d’un grand projet.

 

« La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert » (André Malraux)

 

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