L’histoire tumultueuse de l’Opéra-Comique

C’est en 1714, à la fin du règne de Louis XIV, qu’a été fondée l’Opéra-Comique dont l’origine est celle de troupes dites foraines qui donnaient des spectacles lors des foires de Paris. Il s’agissait alors de pantomimes devenues suffisamment populaires pour être craintes par la Comédie Française qui a intenté plusieurs procès à leur encontre. Le décret de 1714 permet à la troupe de disposer de son propre théâtre avec obligation de « faire figurer des dialogues parlés parmi les parties chantées« , la définition même de l’opéra-comique.

Les premières années de l’Opéra-Comique ne sont pas tout repos, elles sont parsemées de fermetures successives. Le succès apporté par l’auteur Charles-Simon Favart (d’où provient le second nom donné encore aujourd’hui à l’Opéra-Comique) entraîne pourtant une nouvelle fermeture tant la concurrence faite aux autres théâtres était importante. En 1780, après la fusion avec le Théâtre-Italien, l’ensemble prend définitivement le nom d’Opéra-Comique. Il s’installe 3 ans plus tard sur un terrain jusqu’alors propriété du duc de Choisel place Boieldieu et est inauguré par Marie-Antoinette. 1255 places sont mises à la disposition du public. Fusionné avec plusieurs troupes (Feydeau puis des « Italiens » et Louvois), l’Opéra-Comique est reconnu comme l’un des 4 des principaux théâtres de Paris par un décret de 1807 dont le genre est défini comme «  comédie ou drame mêlé de couplets d’anettes ou de morceaux d’ensemble ». Menaçant ruine le bâtiment est démoli et reconstruit en 1829. Il fera quelques années plus tard faillite. Un incendie, provoqué par le calorifère de la fosse d’orchestre, le détruit dans la nuit du 14 au 15 janvier 1838, il y a donc aujourd’hui, exactement 181 ans. Théodore Charpentier se voit confier l’édification d’une nouvelle salle en 1840 pour laquelle est utilisée une structure métallique. Les salons confortables et l’éclairage moderne étonnent le public plutôt familial qui fréquente les lieux. La période faste de l’Opéra-Comique commence à cette période grâce à des compositeurs tels Ambroise Thomas, Jules Massenet, Rossini ou Georges Bizet et des chanteurs appréciés. En mai 1887, un nouvel incendie faisant suite à une défectuosité de l’éclairage au gaz vient contrarier la renommée de l’établissement, 84 personnes périrent. Une troisième salle est donc édifiée, elle est celle que nous connaissons aujourd’hui avec ses 6 cariatides et ses statues sculptées par Ernest Guilbert et Denys Puech. L’architecte retenu est le grand prix de Rome Louis Bernier (1845-1919). Le rapprochement de l’Opéra-Comique et de l’Opéra a été fixé par décret en 1936. Fermé en 1971, l’Opéra-Comique retrouve son activité originelle en 1987 pour la création d’Atys de Lulli dirigé par William Christie et redevient indépendante en 1990 après l’ouverture de l’Opéra Bastille. Il est désormais devenu un EPIC (Établissement Public à Caractère Industriel et Commercial) avec une mission large « … représenter des ouvrages lyriques mais aussi des pièces de théâtre sans musique… ».

Sorte de palais italien, la façade de l’Opéra-Comique présente 3 niveaux avec des colonnes et un grand balcon. Des mascarons sont disposés autour du bâtiment et complètent les statues situées dans des niches et les caryatides citées plus haut. En pénétrant à l’intérieur du bâtiment,  l’ampleur des décors frappe surtout après les campagnes de restauration réalisées grâce au mécénat et qui se sont terminées l’an passé pour le foyer. Décrassées, les deux rotondes qui encadrent celui-ci avec des peintures signées Albert Maignan ou Henri Gervex et de multiples ornements évoquent le théâtre et la musique (lyres, masques, éléments végétaux…). Des bustes en marbre, des bronzes et des stucs dorés ajoutent à cette opulence dont les énormes lustres signés par la maison Christofle sont le clou. Du pur style néobaroque tel qu’on l’aimait en cette fin du XIXe siècle.

Plusieurs œuvres sont à l’affiche au cour du premier semestre 2019. Adolphe Adam, Jules Massenet et Offenbach sont à l’honneur.

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