L’imposante église Saint-Eustache

De récents travaux de restauration de l’église Saint-Eustache, il y a  peu les  peintures d’Emile Signol de la chapelle des catéchismes, mettent en lumière cet édifice qui semble défier le temps notamment au sein du quartier de Halles qui au fil des siècles n’en finit pas de se transformer.

A l’origine, c’est-à-dire au XIIe siècle, se dressait en ce lieu, non loin de l’enceinte de Philippe Auguste, une modeste et petite chapelle dédiée à Sainte-Agnès sur un chemin qui depuis l’Ile de de la Cité menait à la colline de Montmartre. L’abbaye de Saint–Denis ayant donné, sans doute en 1434, les reliques du martyr romain Saint-Eustache attirent les pèlerins et la chapelle doit être remplacée par une église plus importante. La construction est confiée à Pierre Le Mercier (père de Jacques Le Mercier à qui l’on doit la ville de Richelieu), puis à son gendre Charles David. La première pierre est posée en 1532 et les 4 chapelles nord voient ainsi le jour, puis le façade sud (1540), la nef (de 1578 à 1622). Les voûtes de la nef sont construites en 1635, juste avant la consécration par l’archevêque de Paris Jean-François de Gondi en 1637. Il aura donc fallu plus d’un siècle de travaux avec les tous aléas liés à une telle entreprise, notamment financiers.

Un paroissien célèbre Colbert est à l’origine de l’installation de 2 chapelles sous les tours de la façade. Fragilisée la façade est démolie au cours du XVIIIe siècle avec une partie de la nef et des bas-côtés. C’est celui qui deviendra Philippe Egalité qui en 1754 posa la première pierre du portail tel que nous le connaissons aujourd’hui, avec sa tour sud non terminée. L’architecte retenu Jean Hardouin-Mansart de Jouy était le fils de l’architecte de Louis XIV.

Les dimensions sont énormes pour une église, 33 m de haut, 46 m de large et près de 100 m de long. Elle compte 24 chapelles. Ce qui en fait alors l’une des églises les plus imposantes de la capitale avec la plus haute nef… Elle a « l’élévation du style gothique, les courbures du roman et les ornements de la Renaissance… » et présente de nombreux points communs avec Notre-Dame.

Devenu temple de l’agriculture à la Révolution, vidée de l’ensemble de son mobilier, l’église est à nouveau ouverte en 1795, le mobilier comprenant le tombeau de Colbert, est restitué et des travaux de restauration assez lourds sont menés à la suite d’un incendie en 1840. la restauration est dirigée par Baltard qui dessine le buffet d’orgue, le maître autel et, la chaire. Dans les années 1990, l’orgue a été entièrement restauré qui en fait un des plus grands instruments de France.

L’intérieur de l’édifice affiche le style gothique flamboyant (clés pendantes du chœur) et renaissance. Les peintures murales sont des XVIIe et XIXe , les tableaux  sont signés Simon Vouet, François Lemoyne, Rutilo Manetti et par de nombreux peintre du XIXe. La statuaire mérite le détour, tant pour la Vierge à l’enfant du chœur par Jean-Baptiste Pigalle que le tombeau de Colbert réalisé par Tuby et Coysevox…). Quant au monumental et rare banc d’œuvre, il est l’oeuvre de Pierre Lepautre  et date de 1720.  Les grandes orgues sont parmi les plus prestigieuses au monde avec leur 8 000 tuyaux et 101 jeux. Elles ont été restaurées dans les années 90 par la maison hollandaise Van Den Heuvel et doivent aussi leur renommée à Jean Gullou, titulaire jusqu’en 2015 dont la renommée était internationale.

Parmi les personnalités ayant fréquenté la paroisse citons Richelieu, Molière et Jeanne Poisson (future Mme de Pompadour) y furent baptisés… Louis XIV y fit sa première communion vers 1649,  Sully (1583) et Lully (1662) s’y marièrent et les obsèques de la mère de Mozart, de  Mirabeau, de  Marivaux, de Scaramouche et La Fontaine s’y déroulèrent,

Sources:  – Bertrand DumasTrésors des églises parisiennes, Parigramme, 

Patrimoine-Histoire.fr

Jacques Hillairet. Dictionnaire historique des rues de Paris

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