La Cour des comptes juge-t-elle à raison le coût trop élevé du plan de vidéoprotection de la préfecture de police de Paris

La Cour des comptes s’est penchée sur les coûts du plan de vidéoprotection de la préfecture de Paris (PVPP) intégrant l’Ile de France (*) qu’elle estime prohibitifs. Cela en se focalisant notamment sur la formule partenariat public-privé qu’elle trouve trop coûteuse. En effet, selon l’institution, le contrat passé avec la société « Iris PVPP » coconstruite avec deux filiales d’Engie et d’EDF est très onéreux puisque son coût est passé de 225 millions d’€ en 2010 à 343 millions d’€ en 2020…

Les magistrats prévoient qu’à la fin de l’opération, toutes les infrastructures et systèmes étant installés, ce montant pourrait grimper à 433 voire 481 millions d’€ en coût complet ! Aujourd’hui la préfecture dispose de son propre réseau de fibre optique de 600 km (il permet de relier les centres commerciaux et les villes environnantes équipées, la RATP et la SNCF), de 4 000 caméras sur la voie publique, de 38 000 caméras privées interconnectées, de 1 500 sites de prise de vues, de 50 murs d’écrans, de 90 serveurs et de  de 4 700 agents traitant les images dans une centaine de sites. il est utile de noter par exemple que le coût complet d’un mat disposant de 5 caméras, y compris la maintenance atteint 60 K€.

Peut-être aurait-il été besoin dans le cadre de ce contrat, que la préfecture contrôle davantage son prestataire ? La cour des comptes préconise qu’à l’issue de ce contrat en 2026, plus aucun prestataire ne soit utilisé afin d’éviter surcoûts et retards pour lesquels jusqu’à présent aucune pénalité n’a d’ailleurs été perçue ? Or, ajoute t-elle, les JO approchent et il semble, face aux problématiques posées, que l’utilisation de l’intelligence artificielle sera nécessaire annonçant des dépenses supplémentaires. De plus, les technologies progressent très rapidement et entraînent des investissements de mise à niveau lourds financièrement.

Les magistrats de la rue Cambon se montrent dubitatifs sur la vidéo verbalisation semi-automatique sur les voies de bus. A leurs yeux, ce système n’est pas concluant ainsi que le démonteraient les tests. La vidéoprotection ne serait pas assez focalisée sur la « gestion du maintien de l’ordre » ni « l’élucidation à des fins judiciaires » et en ce sens le cadre juridique serait à revoir. Ils s’étonnent enfin de l’absence de mesure de l’efficacité de ce plan et d’une répartition des caméras qui n’est pas en phase avec les besoins qui diffèrent d’un quartier à l’autre. Ainsi, il y aurait une caméra pour 1 000 habitants dans le 15e contre 11 dans le 1er ou 9 dans le 8e. Sur ce plan, la Cour des comptes déborde sans doute le cadre de ses compétences.  La préfecture n’a pas manqué de le faire remarquer car c’est à elle qu’il appartient de définir les zones les plus à risque sur le plan de la sécurité et d’adapter les moyens.

En tant qu’habitants de Paris nous sommes rassurés de savoir que les caméras sont nombreuses. Le temps pas si lointain où le maire d’un arrondissement du centre s’insurgeait contre l’installation des caméras qui entravaient disait-il les libertés individuelles est révolu. Les faits ont malheureusement démontré que nous ne pouvions plus nous passer de ces instruments et du maillage mis en place, Notre sécurité en dépend. Quant au coût global, la Cour des comptes suggère que la ville de Paris participe davantage au financement du plan de vidéoprotection de la préfecture de Paris, sa part étant jugée marginale. Difficile de savoir ce qu’il en sera en cette période où l’endettement de Paris a été taxé une nouvelle fois d’excessif.  

 

(*) En  matière de sécurité, le préfet de police de Paris a compétence sur la sécurité des transports de toute la région IIe de France.

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