La grande allée des Tuileries retrouve son aspect originel

Le président du Louvre, a souhaité restaurer le parc des Tuileries imaginé par Le Nôtre en 1664. Le projet  de rénovation a été lancé en 2011. Au fil du temps en effet le jardin a perdu à la fois ses volumes et son agencement initial. A été notamment visée comme priorité l’allée centrale qui prolonge la perspective des Champs-Elysées que vient conclure la Pyramide du Louvre et non plus le Château des Tuileries, incendié en 1871 puis rasé douze ans plus tard.

Le projet vise à replanter cette grande allée de deux rangées d’arbres supplémentaires, 92 ormes  de 16 mètres de haut qui apporteront aussi de la fraîcheur (davantage d’ombre) et plus de nature.

Des études ont été menées par l’Architecte en chef des Monuments historiques en charge du domaine. Elles ont permis d’analyser l’état du jardin et de définir le projet. La bordure originelle d’ormes en cours de reconstitution avait disparu depuis la Révolution.  L’allée sera de ce fait moins large mais réduira « l’impression de coupure entre les parties nord et sud du Grand Couvert », précise-t-on au Musée du Louvre.

Le choix de l’orme qui a été décimé par la graphiose depuis une cinquantaine d’années  est a priori surprenant  mais une nouvelle variété résistante à la maladie et adaptée au sol du jardin, ainsi qu’à l’évolution probable des conditions climatiques, a été mise au point par l’Institut national de la recherche agronomique.

Cette opération qui s’ajoute à la restauration du Bosquet des Oiseaux achevée l’été dernier, comprend aussi la restauration des 26 bancs en pierre de taille qui bordent la Grande Allée. Elle est soutenue par les Parfums  Christian Dior et la Société des Amis du Louvre. Le Musée  a sollicité aussi des dons dans le cadre de son dispositif « Tous Mécènes ! » afin de réunir 1 million d’euros qui ont permis de démarrer les travaux de plantation des ormes.

Les chantiers qui suivront ne manquent pas, tels la remise en valeur des fontaines et du sol du Grand Carré, l’ancien jardin privé des rois,  l’aménagement du Grand couvert ( secteur boisé du jardin qui compte près de
2 000 arbres répartis en 16 bosquets autour de l’allée centrale). Sont aussi attendus des travaux destinées à « redonner toute sa majesté  à l’entrée Concorde et le fer à cheval » (l’entrée d’honneur du jardin) , l’enrichissement des espaces verts des terrasses et la restauration des sculptures et monuments de l’ensemble du parc (coût : 2,8 millions €).  Suite à un diagnostic, l’accessibilité pour les visiteurs sera revisitée  et corrigée (escaliers, cheminements, signalétique, éclairage, accès aux terrasses…), un chantier coûteux estimé à 3,8 millions d’€.

 

Extrait de la plaquette du Musée du Louvre relative au jardin des Tuileries :

« L’histoire des Tuileries est extrêmement riche. Le palais et son jardin d’agrément à l’italienne sont créés à la Renaissance par la reine Catherine de Médicis à l’emplacement de fours de tuiliers, qui ont donné leur nom au lieu. Henri IV y expérimente ensuite la culture des mûriers pour l’élevage des vers à soie et y plante de grands parterres d’ornements. Au début du règne de Louis XIV, les jardins sont remodelés par André Le Nôtre et prolongés jusqu’à l’horizon par la perspective des Champs-Elysées. C’est à cette date que se dessinent les Tuileries que l’on connaît aujourd’hui. C’est alors le premier jardin royal conçu par Le Nôtre… Les Tuileries s’étalent sur une superficie de 22 hectares et sont encore aujourd’hui l’un des plus grands et des plus anciens jardins de Paris…  Le Roi-Soleil préférant finalement loger sa cour à Versailles, les jardins sont ouverts au public, et les Tuileries deviennent le premier parc public de Paris. Le palais, délaissé jusqu’en 1789, est le théâtre de nombreux épisodes révolutionnaires, et devient la résidence de tous les souverains, rois et empereurs qui se succèdent au XIXe siècle… L’incendie de la Commune en 1871prive le jardin de son palais, mais les Tuileries conservent leur destin national, accueillant les «grandmesses» de la Troisième République
et plusieurs monuments dédiés à des hommes illustres. Au gré des changements de régime, la composition du jardin, qui avait atteint sa maturité au XVIIe siècle, est lentement transformée.
Au cours des années 1990, les travaux réalisés, dans le v dessin de Le Nôtre, par les paysagistes Pascal Cribier et Louis Benech dans le cadre de l’opération Grand Louvre font finalement entrer ce jardin dans le XXIe siècle.« 

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