La rue Beaubourg est devenue elle aussi un enfer

Pour l’aménagement d’une double autoroute de pistes (le nom est devenu inadapté) cyclables, la mairie de Paris a vu grand, tellement grand que les travaux gigantesques entrepris rues Beaubourg et du Renard pour les deux roues (trottinettes et vélos) créent le chaos jour et nuit. La circulation étant réduite à une seule voie et le stationnement impossible pour les riverains et les livreurs, l’embouteillage est permanent et déborde largement dans les rues adjacentes. Le paroxysme est atteint rues Michel le Comte et rue du Grenier Saint-Lazare où le bus 29, les pompiers et autres véhicules d’urgence restent bloqués, parfois plus d’ ¼ d’heure avant de pouvoir atteindre le croisement.

Les conducteurs faisant du sur place sont en colère, les piétons (notamment handicapés ou avec enfants) doivent faire particulièrement attention, la pollution est à son comble, le bruit des klaxons, sirènes et engins de chantiers assourdit les passants, les habitants, les boutiques et les bureaux ! Quid aussi des places de stationnement handicapés, des places de livraison, des passages pompiers allégrement condamnés, tout cela étant supprimé ou enchâssé dans des barrières soutenues par de lourds plots en béton.

Rien n’est trop grand ni trop beau pour les déplacements doux (quel abus de langage, à la limite de la prétention). Pendant ce temps pour tous les autres, une large majorité, c’est la galère. Il est déplacé de se plaindre  » on fait cela pour vous « , « la voiture est de toutes façons condamnée » et puis « d’autres le font dans d’autres villes » (ah les moutons de Panurge !). Il est vrai que Paris, de plus en plus banalisée, ne se distingue plus beaucoup des trop nombreuses agglomérations autres, sans charme sauf que c’est la ville la plus dense du monde. Mais l’équipe municipale semble ne pas prendre ce point en compte, trop occupée en toute modestie à « réinventer » Paris ! L’enthousiasme de circonstance et l’autosatisfaction priment et sont à la manœuvre dans les têtes, la Mairie semblant se convaincre de ses propres slogans qui n’ont pourtant que peu de lien avec la réalité. Il faut satisfaire une catégorie de sympathisants (lors des dernières élections municipales, du fait du fort taux d’abstentions Anne Hidalgo n’a pourtant réuni que 17% des électeurs à Paris, alors qu’elle affichait un score de 48,70% des voix), tous les autres, soit une large majorité, devant subir… Au risque de dénaturer les quartiers et l’atmosphère de vie qui y régnait encore il y a peu, la multiplication des terrasses amplifie le phénomène et aboutit au départ des habitants traditionnels au profit de la « fête » (la novlangue pour les buveurs) et des touristes (très amateurs de vélos et trottinettes, c’est tellement ludique). Il est vrai que pour aller boire point n’est besoin de prendre un véhicule.

L’enfièvrement du Maire du Paris Centre TRES FAVORABLE à l’aménagement des pistes cyclables dans son arrondissement (*), l’avait conduit dès 2020 à soumettre au Conseil de Paris un vœu pour le doublement des pistes, s’appuyant sur la prétendue réussite des pistes de la rue de Rivoli.  De cette grande et vivante artère, qui reliait la Place de la Concorde à la place de la Bastille, il ne reste aujourd’hui qu’une rue morne, aux commerces en berne, anxiogène pour les piétons, et désespérément embouteillée sur 3,5 mètres de chaussée, tandis que les 10 mètres réservés aux « mobilités douces » ne voient souvent passer personne. Nous estimons pour notre part que ce type d’aménagement est une grossière erreur pour Paris Centre et est parfaitement inadaptée à sa configuration

Se gloser de ce type de réalisation est déplacé. Quid tout d’abord de tous ceux qui se déplacent et ne font pas de vélo ou de trottinette ? Gardons à l’esprit que les « mobilités douces » n’intéressent qu’une faible minorité car elles ne répondent pas aux besoins de déplacement de la grande majorité des habitants. Ainsi, lundi 5 septembre à près de 17h00, le compteur de vélos et patinettes sur la rue de Rivoli, au niveau de l’Hôtel de Ville, n’avait compté qu’environ 6.500 passages dans les deux sens depuis le matin. À l’endroit précis du compteur de vélos de la rue de Rivoli, ce sont près de 500 000 voyageurs qui passent chaque jour en toute discrétion grâce à la ligne 1 du métro, et chaque ligne de bus véhicule quotidiennement 20.000 voyageurs sur cet axe.

De plus, l’insécurité grandissante ainsi créée favorise les incivilités et les insultes des cyclistes (souvent mal à l’aise sur leurs engins), à l’encontre des autres utilisateurs des voies. On nous promet une régulation et des PV, mais où sont les agents pour le faire ?

Une ville vivante impose des déplacements qui ne peuvent être réduits à des « mobilités » de loisir. Toute idéologie érigée au rang de dogme et de vérité est toujours dangereuse. Les oubliés dans toute action entreprise réagissent tôt ou tard et souvent sévèrement compte tenu de ce qu’ils ont dû subir… Les risques climatiques sont réels, mais les embouteillages et encombrements sciemment développés par la Ville et la pollution qu’ils génèrent, de même que la mise en danger de la vie par les obstacles à la circulation qui pénalisent, y compris les véhicules d’urgence, sont loin de constituer la solution, n’en déplaise à nos élus.  Car plus que l’interdiction du transit ce sont surtout les riverains qui sont punis, dindons de la farce malgré eux ! 

 

(*) Classé 1er du palmarès des des maires favorables au vélo par l’association Paris en selle

2 commentaires

  1. Les piétons voient leur sécurité menacée chaque jour par les deux roues à qui tout est permis.
    Les terrasses de café prolifèrent, supprimant l’espace jadis sécurisés des trottoirs.
    Notre seul espoir : qu’une réaction très forte se dessine pour la prochaine mandature en faveur d’élus un peu plus sensés que nos idéologues socialo-ecolos qui ne rêvent que fêtes et nature -gadget. Et si nos édiles actuels aiment tant la nature, qu’ils aillent s’installer en Creuse!

    1. Oui, c’est vraiment n importe quoi, j’invite tout le monde à emprunter la rue de charenton dans le 12ème, plus d’accès nulle part, obligé de retourner en arrière pour aller vers l’avant et bonne chance pour aller porte de Charenton avec la rue à sens unique à partir de Dugommier…..Je fais 2 km de plus pour rejoindre mon parking, heureusement que je ne sors pas souvent la voiture.
      La place du Colonel Bourguoin se retrouve complètement submergée tout les soirs et bientôt des arbres vont pousser rue Erard…..
      Idem rue de Reuilly au niveau de la rue Mongallet, obligé de tourner, plus d’accès direct vers le boulevard Diderot et la station de métro.
      Mais tout va bien, les clochards se vautrent dans la pisse et le vomi allongés sur les trottoirs devant les immeubles, ils auraient tort de ne pas en profiter, ils ont de plus en plus d’espace.
      Et j’en passe…..

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