Les « vélorues » arrivent à Paris

Le quotidien le Parisien daté du 6 novembre dernier a consacré un article au 1er aménagement prévu pour 2022 d’une « vélorue » dans la capitale. La rue de Charenton (12e) a été retenue pour cette expérimentation. « Avec cet aménagement » précise l’auteur de l’article« … la municipalité veut bannir le trafic de transit source d' »embouteillages… » Déjà expérimenté dans plusieurs villes françaises, ce concept nous arrive de Hollande et d’Allemagne où les cyclistes sont connus pour leur civilité. 

« Conçues comme un espace mixte entre voitures et vélos, où la vitesse est limitée à 30km/h et où les deux-roues non motorisés n’ont pas à se ranger sur le côté pour laisser passer les automobiles, les « vélorues » se répandent peu à peu« .  Elles  sont dépourvues de pistes cyclables et nécessitent de modifier le plan de circulation pout limiter le trafic automobile (*).

Après la quasi fermeture du faubourg Saint-Antoine, la rue de Charenton (qui relie la place de la Bastille à la porte de Charenton) reste le seul grand axe permettant de sortir vers l’Est de Paris. A ce rythme et bien que la mairie dit agir pour protéger les riverains, les cyclistes et les piétons (voir notre article du 3 novembre 2021 sur les grands oubliés de la révolution cycliste), les habitants du Centre de Paris vont bientôt devoir rester dans leur arrondissement sans pouvoir en sortir, au prétexte de bannir le transit automobile. Comme si Paris était devenu un village gaulois dont les édiles ont oublié qu’il faisait partie de la Région Ile de France et constitue le noyau du Grand Paris ! On ne peut ainsi rayer d’un trait de plume l’existence des automobilistes de banlieue obligés de passer en voiture par Paris pour leur travail.

La mairie soulignant que les « vélorues » sont réservées aux cyclistes, aux résidents, aux livreurs et aux véhicules d’urgence, ajoute qu’en diminuant de façon significative le nombre de places de stationnement elle pourra planter des arbres (NDLR: ou plutôt installer davantage encore de terrasses saisonnières ?). Seuls les cabaretiers sont favorables à ces mesures, et les riverains y sont hostiles. Ils sont indisposés par les travaux continuels initiés et imposés par la ville durant de longs mois et mettant leur quartier sens dessus dessous. Ils en ont assez de subir les incivilités de trop nombreux cyclistes et conducteurs de trottinettes ainsi que les nuisances des terrasses. Enfin ils craignent que les embouteillages sensés disparaitre soient encore plus nombreux et se déplacent, les édiles déshabillant Pierre pour habiller Paul.

Quel est donc l’intérêt de ces transformations sinon le besoin permanent d’affichage qui n’est pas sans conséquence au plan financier car il s’agit d’investissements coûteux…

 

 

(*) L’objectif est de ramener le trafic véhicules à 2 500 contre 4 000 à 7 500 selon les jours. L’instauration d’un sens unique est envisagé. 

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